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Réception offerte pour les chefs d’État
et chefs de gouvernement
Vancouver, le vendredi 12 février 2010
Laissez-moi d’abord vous dire, Monsieur le Président Saakashvili, combien la nouvelle de la mort du jeune athlète géorgien de 21 ans, Nodar Kumaritashvili, nous attriste mon mari Jean-Daniel Lafond, notre fille Marie-Éden et moi.
Nous imaginons le choc immense et la douleur que doivent vivre ses parents, ses proches, ses amis, ses entraîneurs et toute son équipe, qui l’ont accompagné des années durant et qui savent à quel point c’était pour lui l’aboutissement d’un grand rêve que de participer à ces jeux.
Nous imaginons l’ampleur du deuil, la perte est immense et nous tenons à leur exprimer au nom de tous les Canadiens et Canadiennes nos plus sincères condoléances.
Il va sans dire que ce tragique accident pèse sur le cœur de l’ensemble de la population géorgienne qui l’accompagnait de tous ses vœux.
L’automne dernier, comme le veut la tradition, la flamme olympique s’élevait en Grèce, à Olympie, et je participais, dans le stade d’Athènes, à la cérémonie de sa passation au Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver.
La flamme commençait alors son long voyage vers le Canada où elle a été portée et accueillie de localités en localités, de villes en villes, d’un océan à l’autre et à l’autre, dans notre vaste pays, avec un immense enthousiasme sur le plus long parcours jamais effectué.
Et c’est précisément dans cet esprit de communion que le Canada est fier de vous accueillir aujourd’hui.
En effet, nous aimerions faire de ce grandiose rassemblement hivernal non seulement une occasion pour nos athlètes d’exceller, ou pour nous de partager avec nos artistes, mais également, et avant tout — comme Pierre de Coubertin l’imaginait à l’époque — une célébration de la solidarité entre les peuples.
Très peu de manifestations ont cette capacité d’unir le monde entier et d’honorer ce qu’il y a de mieux en nous.
C’est pour cette raison que le Canada a cherché à renforcer ces idéaux en reprenant la tradition antique de la Trêve olympique, dont j’ai accepté d’être la présidente d’honneur durant les Jeux actuels.
Même sous sa forme contemporaine, la Trêve est ancrée dans l’ancienne croyance que l’humanité est liée à un cercle cosmique d’interdépendance qui rattache tous nos gestes et toutes nos pensées à la force créatrice de l’univers.
Cet idéal nous pousse à travailler sans relâche afin d’illuminer le monde avec les valeurs rayonnantes de la paix, de l’inclusion et de la solidarité, qui sont au cœur même de l’idéal olympique.
Comme me l’ont rappelé hier mes échanges avec plus de cinq cents jeunes leaders autochtones et non autochtones, dans le cadre d’un dialogue dynamique sur le renforcement de la compréhension mutuelle, le monde a soif de changement.
Et pas n’importe quelle sorte de changement.
Non.
Nous aspirons à un changement qui peut rompre les chaînes de la discrimination, de l’exclusion et de la pauvreté.
Un changement qui peut nous libérer du joug du « chacun pour soi ».
Un changement qui peut nous inspirer dans notre quête globale d’un monde où tout être humain, où qu’il se trouve, peut réaliser son plein potentiel.
Le monde espère réellement un changement auquel tous pourront croire.
Sous le signe de la camaraderie, du respect et de la fraternité qui caractérisent l’esprit olympique, soyons unis en ce lieu où les peuples autochtones ont planté nos racines les plus profondes sur ce continent, et où ils ont participé fièrement et pleinement à l’organisation de ces Jeux.
Soyons unis aux côtés des athlètes qui sont venus des quatre coins du monde pour nous donner le meilleur d’eux-mêmes.
Soyons unis pour réaliser notre rêve le plus profond et le plus précieux : l’avènement d’un monde meilleur.
Les Jeux olympiques nous offrent une chance unique de nous émerveiller devant l’étendue de nos possibilités et la magnificence de nos réalisations.
Merci à vous tous de célébrer avec nous l’excellence et ces profonds liens de fraternité.
Merci du fond du cœur de vous joindre aux Canadiens au moment où les Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, attendus depuis si longtemps, sont sur le point de débuter!
