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Réception avec des représentantes permanentes des Nations Unies
New York, le mardi 30 mars 2010
Je remercie l’ambassadeur John McNee, représentant permanent du Canada auprès des Nations Unies, de me donner l’occasion de rencontrer des femmes qui jouent un rôle clé au sein de cet organisme multilatéral incomparable, dont l’objectif de promouvoir la promotion des droits de la personne dans tous les secteurs névralgiques de nos sociétés me semble plus vital que jamais.
Au cœur des efforts déployés dans le monde pour améliorer les conditions de vie et faire valoir la dignité humaine, les femmes sont, pour reprendre la formule de Julia Kristeva, « un levier de combat universel pour permettre à chacune – et j’ajouterais à chacun – de dire sa singularité. »
Les femmes, ajoute-t-elle, sont les « piliers » de « la démocratie de proximité ».
Je le constate quotidiennement, à chaque instant, et depuis longtemps, d’abord dans le travail que j’ai effectué au début de ma carrière pour contrer la violence faite aux femmes, ensuite à titre de gouverneur général du Canada dont les fonctions m’ont permis de voir, partout dans mes déplacements dans le monde, des familles, des communautés, des nations entières reposer sur le travail des femmes.
J’aime à répéter que le seul fait de donner aux femmes des moyens d’action a pour conséquence immédiate de faire reculer la violence, la pauvreté, la maladie, l’injustice, la corruption et l’analphabétisme.
Or, la reconnaissance et l’essor de la contribution des femmes dans chacune de nos vies, où qu’elle s’enracine, quelle qu’en soit la forme, à quelque échelle que ce soit, constituent pour la femme qui se tient devant vous une priorité inébranlable.
C’est la raison pour laquelle, chaque année, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, je me fais un devoir et une fête de célébrer l’engagement des femmes au mieux-être collectif.
En 2007, à Kaboul et à Kandahar, avec les femmes afghanes; en 2008, avec les femmes autochtones du Canada; en 2009, à l’invitation de la première femme du continent africain à être élue chef d’un État, Son Excellence Ellen Johnson-Sirleaf, dans le cadre d’un colloque international sur le renforcement des capacités des femmes, le développement du leadership et la sécurité, tenu au Liberia; enfin, le 8 mars dernier, en Haïti, si éprouvée ces jours-ci, aux côtés de femmes courageuses et tenaces devant l’ampleur de la tâche à accomplir.
D’ailleurs, si je suis ici aujourd’hui, c’est justement pour participer à cette importante conférence internationale des pays donateurs, qui se tiendra aux Nations Unies, dont le Canada est l’un des coorganisateurs, en vue d’aider Haïti à se relever d’une catastrophe sans précédent, voire à se réinventer depuis des fondations si durement ébranlées.
J’étais donc dernièrement au pays de mon enfance, à Port-au-Prince, à Léogâne, à Jacmel, et j’ai vu, de mes yeux vu, avec quelle conviction les femmes haïtiennes mobilisent les forces de la communauté et prennent en charge les ressources disponibles.
Il est clair, à mes yeux, que nulle reconstruction d’Haïti n’est pensable, ni même possible, sans la participation des femmes, sans la participation de la société civile haïtienne.
C’est là le seul gage de réussite.
Il faut que les femmes fassent partie de tous les plans de reconstruction et qu’elles y participent à part entière.
Vous savez, comme moi, à quel point cette conférence est cruciale pour Haïti, non seulement parce qu’elle correspond à une lueur d’espoir pour nos sœurs et nos frères haïtiens, mais parce qu’elle est peut être aussi la première manifestation d’une nouvelle éthique du partage, dont l’humanité a tant besoin, en de nombreux endroits du monde.
L’engagement du Canada à cet égard est entier, et je suis fière de représenter un pays qui répond avec compassion et générosité aux souffrances du monde, et qui refuse l’indifférence au profit de la solidarité.
C’est sur ces mots d’espoir que j’en appelle à votre propre engagement que je salue chaleureusement.
Après tout, cet engagement est l’une des formes de la beauté du monde.
Cette « beauté, comme l’écrivait si bien la regrettée Susan Sontag, que je suis émue de citer ici, à New York, fait partie de l’histoire de l’idéalisation, qui fait elle-même partie de l’histoire de la consolation ».
Chères amies, je vous remercie de tout cœur de votre attention.
