Participation des femmes dans la société - Croatie

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Discussion table ronde sur la participation des femmes dans la société

Zagreb (Croatie), le samedi 24 octobre 2009

Je me réjouis que nous profitions de cette occasion pour faire plus ample connaissance et ouvrir un dialogue constructif sur nos défis, nos réalisations et nos perspectives d’avenir.

J’estime que nous ne parlerons jamais assez de nous, les femmes. De nos luttes. De nos victoires. Du pouvoir que nous avons d’influer sur le monde et de notre volonté de le changer pour le mieux.

Les droits des femmes sont relativement récents dans l’histoire de l’humanité et, par voie de conséquence, restent fragiles.

Partout où je suis allée, du Brésil à Haïti, en passant par l’Afrique et l’Europe centrale, l’égalité n’est pas gagnée pour les femmes. Et en certaines régions du monde, comme en Afghanistan où j’étais récemment, leurs droits les plus fondamentaux sont niés, bafoués sans vergogne.

Même dans un pays progressiste comme le Canada, la route vers l’égalité est semée d’embûches. 

Partout, les femmes sont encore sous-représentées dans les instances décisionnelles, et je ne peux que me réjouir de la nomination récente d’une femme, Jadranka Kosor, au poste de premier ministre de la Croatie.

Ce sont encore les femmes qui sont les plus susceptibles de vivre dans la pauvreté.

Ce sont encore les femmes que le poids des traditions écrase et ravale au grand d’inférieur.

Ce sont encore les femmes et leurs enfants qui subissent le plus durement les répercussions des conflits.

Ce sont encore les femmes qui risquent d’être agressées, dans l’intimité de leur foyer ou dans la rue.

Je le sais pour avoir été journaliste et avoir témoigné de ces réalités, notamment du trafic des femmes, un phénomène qui prend de l’ampleur à l’échelle de la planète.

Je le sais aussi pour avoir collaboré à la mise sur pied d’un réseau de refuges destinés aux femmes victimes de violence et pour les avoir accompagnées pendant près de dix ans.

Et la gouverneure générale que je suis est plus que jamais convaincue que les combats menés par les femmes pour le respect de leurs droits sont une affirmation de la dignité humaine et un chemin qui conduit vers la liberté.

Je crois au pouvoir des femmes, à leur résilience, à leur esprit d’entraide et à leur volonté d’en finir avec les inégalités.

Je crois aussi que leur parole est porteuse d’avenir, surtout lorsqu’elle s’accorde à des gestes qui entraînent des changements profonds dans la société, comme c’est le cas des femmes engagées dans la société croate que nous avons réunies autour de cette table.

Je crois que donnez du pouvoir aux femmes, c’est donner du pouvoir à la nation entière.

Soyons, les unes pour les autres, des sœurs, des alliées, des modèles et des sources d’inspiration.

Je suis impatiente de vous entendre.