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Charlottetown, le lundi 7 novembre 2005
Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même sommes enchantés de nous retrouver parmi vous et nous vous remercions chaleureusement d’offrir ce dîner en notre honneur.
Plusieurs raisons expliquent mon bonheur d’être à l’Île-du-Prince-Édouard. J’ai parlé ce matin du lien qui se noue spontanément entre tous les insulaires de ce monde.
De cette île du sud, où ma fille et moi-même avons vu le jour, jusqu’à votre île du nord, où nous nous trouvons aujourd’hui, c’est une autre cartographie des Amériques qui s’esquisse et qui me rappelle le lieu d’où je viens et me ramène à celui où mon pays d’accueil a pris son envol.
Je suis fière que ma fille m’accompagne dans ce parcours qui, vous le comprendrez, a pour nous beaucoup de résonance.
Et mon mari et moi-même sommes heureux aussi d’être entourés d’Acadiennes et d’Acadiens auxquels nous nous sentons étroitement liés par la langue et la culture.
Votre amour de la langue française, que nous partageons avec vous, votre volonté de la protéger et de la préserver, en dépit de tous les obstacles, même les pires, sont pour nous et pour toute la francophonie internationale une source d’inspiration.
Depuis que vos ancêtres s’installèrent définitivement dans cette île au début du dix-huitième siècle, vous avez vaincu les assauts de l’histoire et n’avez jamais lâché prise. Je salue ce soir, en votre présence, votre ténacité et votre succès.
Enfin, je me sens ici parmi des amis en raison de l’accueil formidable que nous ont réservé, à mon mari, à ma fille et à moi, le lieutenant-gouverneur Bernard et son épouse, de même que vos concitoyens et concitoyennes.
Cette première journée de ma visite officielle à l’Île‑du‑Prince‑Édouard a été pour moi très valorisante. J’ai été enchantée de faire la connaissance du premier ministre Binns ainsi que du président et des autres membres de l’Assemblée législative.
J'ai été ravie également de rencontrer les nouveaux citoyens canadiens qui ont prêté serment aujourd'hui, de les entendre parler de leurs plans et de leurs rêves pour cette nouvelle vie qu'ils ont entreprise ici au Canada.
Les rêves qu’ils m’ont confiés et que leur inspirent leur nouvelle vie de citoyen canadien sont le plus beau témoignage de l’espoir que représente le Canada partout dans le monde.
Au cours des prochains mois, j’ai l’intention d’aller à la rencontre de ces femmes et de ces hommes, de tous les milieux, de tous les âges, de toutes les origines, qui font que ce pays existe. Je veux amorcer un dialogue à la grandeur du pays où nous aborderons nos préoccupations et nos aspirations collectives.
Je veux m’entretenir avec des élus, des leaders communautaires, des agents de transformation sociale, des artistes, des agriculteurs, des pêcheurs, des anciens combattants, mais aussi avec des femmes victimes de violence, des décrocheurs du système scolaire, des sans-abris, celles et ceux qui sont sans voix et confinés à la solitude.
Le dialogue, lorsqu’il s’ouvre ainsi à toute une population et lorsqu’il porte sur le bien de l’ensemble, est pour moi le moyen le plus puissant de briser ces solitudes. Je compte sur vous pour m’aider dans cette tâche. Car, sans vous, cette envie de paroles que j’appelle de tous mes voeux resterait lettres mortes.
Ce soir nous saluons l’amitié et l’esprit de solidarité propre aux insulaires et que j’aimerais répandre partout au pays. À notre collaboration que je souhaite fructueuse et constante dans les années à venir.
