Le jardin de cœurs

Rendre hommage aux souvenirs, semer des rêves à Rideau Hall

Le jardin de cœurs à Rideau Hall honore la mémoire des enfants des Premières Nations, des Inuits et des Métis qui sont morts aux mains du régime canadien des pensionnats, et rend hommage à ceux qui y ont survécu. Chaque cœur symbolise notre responsabilité collective d’écouter et de transmettre leurs histoires – de douleur, de désillusion, de force et de courage – et de mettre en œuvre les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Le jardin met en valeur des plantes indigènes ainsi que des sculptures en forme de cœur créées par des artistes autochtones. Chaque année, de la Journée nationale des peuples autochtones jusqu’à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, on y trouve également des cœurs en papier créés et plantés par les visiteurs. Le jardin est ouvert au public et offre aux visiteurs un espace permanent où réfléchir à notre histoire commune. Nous vous invitons à visiter ce lieu, pour un moment de réflexion personnelle et pour découvrir les plantes ainsi que les récits qui se cachent derrière les œuvres.

Ce jardin a été installé en collaboration avec la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations.

Sculptures de coeurs

Chacune de ces sculptures représente l’un des trois groupes autochtones reconnus au Canada. Créées par des artistes issus de chaque communauté, ces œuvres reflètent leur vision de la réconciliation, rendent hommage aux vies perdues ou traumatisées par le système des pensionnats et expriment un espoir pour l’avenir.

Claire, Emily, Mairi et Simon Brascoupé
Cœur de la terre / Odey Akíng
Bronze peint / Píwábik Mazinikodjiga

La famille Brascoupé – Simon, Emily, Claire et Mairi – regroupe des artistes anishinaabe de la Première Nation de Kitigan Zibi Anishinabeg. En tant que groupe multigénérationnel, ils ont entrepris un processus de création collaborative qui reflète les traditions algonquines et le chemin de la réconciliation, vu par différentes générations. La sculpture qu’ils ont réalisée collectivement présente un motif festonné inspiré des collines et des étendues d’eau du territoire algonquin, un motif que l’on retrouve fréquemment sur les paniers en écorce de bouleau. Une maman ours et son ourson représentent les liens familiaux et la protection des enfants, tandis que des images de canots guidés par des animaux sur le bord de la sculpture symbolisent le retour des enfants dans leurs communautés. Les artistes ont également intégré la fraise, ou « plante du cœur », dans l’œuvre; étant le premier fruit à mûrir après l’hiver, elle sert de symbole factuel d’espoir et de nouveaux départs. À travers ces symboles superposés, l’œuvre évoque la continuité culturelle et la promesse d’un avenir meilleur.

Bureau du secrétaire du gouverneur général

Maggie Napartuk
Tummitaavut (Nos empreintes) 
Pierre « wonderstone »

L’artiste multidisciplinaire inuite Maggie Napartuk a réalisé cette œuvre afin de lier l’héritage inuit à l’histoire commune de tous les peuples autochtones. Dans cette sculpture, un kamik et un mocassin de taille enfant, l’un à côté de l’autre, représentent les jeunes enfants qui ont été retirés de leur famille et envoyés dans des pensionnats indiens. Un cordon tressé, rappelant les liens traditionnels utilisés pour attacher les vêtements, unit les deux bottes afin qu’elles demeurent inséparables. Ce lien symbolise l’interconnexion profonde des générations et le poids partagé d’un héritage collectif. La pierre choisie par l’artiste présente des nuances de couleurs symboliques : l’orange pour le souvenir, le rouge pour la souffrance endurée et le blanc pour l’espoir de la guérison. En intégrant à son œuvre des motifs floraux inspirés du perlage traditionnel, Napartuk propose une réflexion sur la résilience et le chemin vers l’avenir.

Bureau du secrétaire du gouverneur général

Candace Lipischak
Rivières de Réconciliation
Acier thermolaqué

Candace Lipischak est une artiste métisse et membre de la Fédération des Métis du Manitoba. Elle a conçu cette sculpture en utilisant des symboles qui interpellent toutes les communautés, se concentrant sur la mémoire historique et le paysage culturel des Métis de la rivière Rouge. Le point central de l’œuvre est un cœur orange, coloré pour honorer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Ce cœur est délimité par le tracé des rivières Rouge et Assiniboine, qui servent de double métaphore pour les larmes versées par les familles et les voies navigables utilisées pour guider les enfants disparus vers leur foyer. Lipischak a également inclus la lemniscate (le symbole de l’infini) pour identifier les Métis de la rivière Rouge; ici, elle représente la nature infinie du chagrin ressenti par les communautés autochtones et la force nécessaire à la guérison collective.

Bureau du secrétaire du gouverneur général

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