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Beaconsfield (Québec), le mercredi 15 octobre 2014
Merci de m’accueillir ici aujourd’hui.
Vous serez peut-être surpris d’apprendre que, comme vous, je suis ici pour apprendre. J’admettrai volontiers que je ne sais que la moitié de ce que j’aimerais savoir, et à peine une fraction de ce qu’il y a à savoir.
Je suis un éternel étudiant. J’apprends des endroits que je visite, des gens à qui je parle, des choses que je lis et de ce que je vois.
J’apprends des jeunes gens comme vous.
En fait, j’ai énormément appris auprès des jeunes tout au long de ma vie — de mes filles et de mes petits-enfants, ainsi que des étudiants que j’ai rencontrés en ma qualité d’éducateur et de président d’université. Et je suis fier de pouvoir apprendre des élèves dans les écoles canadiennes que je visite, y compris celle-ci, à Beaconsfield.
Par expérience, je sais que nous avons beaucoup à apprendre des jeunes et de leurs perspectives uniques, puisqu’ils grandissent à une époque extraordinaire.
Pensez à l’ère à laquelle nous vivons. Nous sommes au cœur d’une révolution des communications numériques, et c’est ce qui nous permet de rassembler, d’entreposer et d’échanger de l’information comme nous n’aurions jamais pensé le faire. Plus précisément, on estime à cinq exaocets la quantité de données informatiques générée et entreposée en ligne tous les deux jours.
Cela signifie que toutes les 48 heures, nous téléchargeons plus de données que ce qui a été imprimé dans l’histoire de l’humanité!
Par conséquent, on estime également que nous accumulerons plus de savoir au cours des 40 prochaines années que ce qui a été acquis dans l’histoire de l’humanité!
C’est votre génération qui fera ces découvertes. Le savoir collectif que vous posséderez un jour surpassera le mien et celui de vos enseignants.
Bien entendu, ce sera à vous de décider comment vous utiliserez ce savoir, mais vous avez démontré que vous serez à la hauteur.
Les jeunes n’attendent pas qu’on leur offre des possibilités, saisissant au contraire celles qu’ils rencontrent à chaque virage. Pareils aux alchimistes des temps modernes, ils utilisent l’idéalisme, la réflexion et le savoir pour poser des gestes concrets.
On voit des jeunes, au Canada et à l’étranger, qui prennent les commandes de la démocratie en participant à la vie politique, en influençant l’élaboration des politiques et en faisant entendre leur voix. Vous avez un mot à dire dans le discours mondial et il est important que vous vous engagiez.
J’ai toujours dit que dans une société démocratique, tout le monde a quelque chose à donner. Certains d’entre vous savent peut-être déjà de quoi il s’agit, tandis que d’autres cherchent encore. Peu importe, je vous invite tous à trouver votre passion et à la communiquer — que cela touche le bien-être de notre société, le changement climatique, la libre entreprise, l’emploi, la santé ou les enjeux comme l’itinérance, le cancer ou la maladie mentale. Parlez-en aux élèves autour de vous, à vos enseignants, à vos représentants élus, à votre famille et à vos amis.
Engagez-vous dans votre communauté, car nous avons besoin de votre opinion et de votre énergie pour créer un monde meilleur.
Les jeunes sont suffisamment intelligents, perspicaces et informés pour jouer un rôle majeur dans notre pays.
Votre contribution importe parce que vous êtes conscients que nous vivons dans un monde complexe et chargé de défis, mais vous continuez néanmoins de croire en l’avenir.
C’est cet espoir d’un monde meilleur — ce sens moral — qui vous pousse à faire davantage dans vos communautés et à l’échelle du pays, à vous engager au plan communautaire et à instaurer le changement.
Peut-être vous demandez-vous quel est le meilleur moyen de servir sa communauté, de créer un monde meilleur. Je vous ai déjà parlé d’un moyen. Plus nous étudions et plus devenons instruits, plus nous comprenons les problèmes et arrivons à imaginer des solutions. Mais il existe d’autres moyens.
On peut aussi faire une différence en offrant du temps, en donnant de l’argent ou en mettant nos talents à profit.
J’ai rencontré plus d’un jeune Canadien qui fait du bénévolat dans sa communauté lorsqu’il constate un besoin, qui sensibilise ses concitoyens à une cause louable ou qui amasse de l’argent pour celle-ci.
Il y a aussi des milliers de jeunes Canadiens qui travaillent avec acharnement, dans l’ombre, pour aider leurs communautés ou leurs familles. Comme vous, ils contribuent à renforcer leurs communautés.
Je sais que votre école a mis en place plusieurs programmes pour encourager la participation civique, et je suis heureux de voir que les élèves en profitent. J’aimerais également féliciter et remercier tous ceux et celles qui ont participé au projet du Parc des héros.
Ces moments d’entraide font partie intégrante de la nation plus avertie et bienveillante à laquelle nous continuons d’aspirer.
Permettez-moi de terminer en vous posant une question : comment entrevoyez-vous l’avenir?
Je vous demande cela, car c’est vous qui dirigerez le Canada dans les décennies à venir. C’est vous qui vivrez avec les répercussions des décisions prises par ma génération — bonnes et mauvaises. Vous devrez composer avec une population vieillissante et un niveau d’interconnexion plus grand que jamais. Vous devrez décider ce qui est bon, juste et équitable.
Voilà précisément pourquoi nous devons tous reconnaître votre responsabilité.
Faites du bénévolat; engagez-vous; continuez de vous instruire; et, quand le temps viendra, exercez votre droit de vote et prenez part à notre processus démocratique par tous les moments possibles.
En 2017, Canada célébrera le 150e anniversaire de la Confédération. J’aimerais que tous ici présents, de même que les élèves ailleurs au pays, proposent des idées et des projets afin que cette année soit spéciale. Ce sera à la fois le cadeau que vous offrirez au Canada, ainsi que le début du merveilleux legs qui pourrait être le vôtre.
Certains diront que les jeunes sont notre avenir. Moi, je dis que l’avenir est maintenant. Travaillons ensemble pour édifier des communautés meilleures, un Canada meilleur.
Merci.
