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Remise des Prix du Gouverneur général en arts visuels
et en arts médiatiques de 2009
Rideau Hall, le mercredi 25 mars 2009
La remise des Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques marque chaque année, depuis dix ans, un moment fort dans la vie artistique et culturelle de notre société. Non seulement nous célébrons ensemble l’excellence parmi les plus grands créateurs contemporains de ce pays, mais nous faisons également rayonner le rôle essentiel et vital que jouent les artistes auprès de l’ensemble de nos concitoyens.
Lors de chacune des remises des Prix du Gouverneur général qui ont eu lieu au cours des trois dernières années, la gouverneure générale et moi tenons à souligner que les arts et la culture constituent le ciment de la société canadienne. C’est ainsi que nous avons organisé des forums du Point des arts, des espaces de dialogue où les citoyens, qu’ils soient artistes, gestionnaires ou universitaires, peuvent s’exprimer sur les problématiques actuelles dans le travail artistique. Nous avons donc conviés les citoyens hier soir à participer au 36e Point des arts, en présence des lauréats et des lauréates de 2009, autour du thème : Créer une atmosphère effervescente et rassembleuse autour des arts visuels et médiatiques. Autrement dit, nous avons identifié divers moyens et initiatives originales pour mieux faire rayonner les arts visuels et médiatiques auprès de l’ensemble de la société.
De nombreux participants ont souligné le côté rassembleur et festif des événements tels que les Biennales ou encore Nuit Blanche à Toronto et Montréal. Les artistes ont cependant rappelé qu’en cherchant sans cesse à réunir le plus grand nombre de spectateurs, on court parfois le risque de noyer le travail artistique. C’est un équilibre à trouver entre l’expérience artistique intime et l’accessibilité. Le Musée des beaux arts du Canada a souhaité, à travers l’exposition Flagrant Délit, à toucher le spectateur, à l’inviter à vivre une réelle expérience sensorielle, finalement de la même manière que l’artiste lorsqu’il se plonge dans le processus de création. J’ai apprécié qu’une participante nous rappelle aussi que l’art c’est sensuel et pas seulement intellectuel. Nous avons entendu un vibrant appel à ce que les Canadiens puissent vivre l’expérience artistique tous les jours. Que l’art envahisse les panneaux publicitaires dans les autobus, dans la rue… partout… car « l’art a ce pouvoir de rester en nous et de nous faire vivre différemment » pour citer un des participants.
Par ailleurs, je rappellerai que, le propre de l’art, c’est de briser les solitudes et de traverser les frontières. La gouverneure générale et moi-même avons eu le privilège de constater, lors des Points des arts que nous avons tenus à l’étranger, l’importance de l’usage de la culture comme instrument de la diplomatie — ce que nous appelons la diplomatie culturelle et que nous pratiquons largement dans toutes les visites d’État, que ce soit au Brésil, en France, en Hongrie, en République Tchèque, en Slovaquie etc. — cet usage est essentielle dans le développement de relations bilatérales harmonieuses. Lorsque des artistes et des travailleurs culturels de pays étrangers se rencontrent, le dialogue des cultures qui naît presque instantanément ne permet pas seulement d’apprendre à connaître l’autre. Ces rencontres nous permettent aussi de mettre en commun des idées et de les confronter; c’est une proposition aux allures de provocation, dans une société qui met l’accent sur le divertissement, les médias et la marchandisation du spectacle. En ce sens, je réitérerai l’importance des artistes visuels et médiatiques qui font partie de nos grands ambassadeurs à travers le monde, ils ouvrent un authentique dialogue qui délie non seulement les langues et les idées, mais qui constitue sans aucun doute la meilleure des bases pour entamer des échanges économiques et nouer des relations politiques au sens le plus noble du terme. Les anciens ne se trompaient pas lorsqu’ils envoyaient des poètes, des musiciens, des danseurs ou des peintres accompagner les émissaires chargés des négociations diplomatiques les plus délicates.
Chers lauréates et lauréats de 2009, vous nous rappelez, à travers vos œuvres singulières, que l’art est un lieu de rencontre qui peut être séduisant, surprenant, choquant ou même provoquant. Je souhaite que les Canadiennes et les Canadiens puissent aujourd’hui apprécier la diversité et la richesse de vos carrières, et qu’ils sachent à quel point nous ne sommes que plus forts, collectivement, de la pluralité de vos voix.
