Son Excellence Jean-Daniel Lafond - Point des arts - Festival Scène Colombie-Britannique

Ce contenu est archivé.

 

Point des arts tenu dans la foulée du
festival Scène Colombie-Britannique

Ottawa, le lundi 20 avril 2009

Chers amis,

Le festival Scène Colombie-Britannique célébrera, au cours des deux prochaines semaines, la diversité des pratiques artistiques de cette province. Comme le confirmeront les 600 artistes qui présenteront leurs œuvres dans la région de la capitale nationale, la scène britanno-colombienne est exemplaire en terme de vitalité artistique. Savez-vous, par exemple, que dans cette province on trouve le plus grand pourcentage d’artistes dans la population globale, ce qui représente plus de 25 000 individus, comme le confirme le plus récent rapport de Hill Stratégie Recherche.

Au-delà des chiffres, les artistes de la Colombie-Britannique sont reconnus, tant au pays qu’à l’étranger, pour la qualité de leur démarche et de leur réflexion. Si leurs œuvres ont une portée aussi grande, c’est que leur pertinence réside dans le fait qu’elles sont indéniablement imprégnées de l’espace physique et social où elles sont créées. En effet, la géographie de la province a marqué son développement culturel et son imaginaire artistique. D’une part, le paysage naturel y est diversifié et omniprésent, même lorsqu’on est plongé en plein environnement urbain : depuis la plage de English Bay, au centre-ville de Vancouver, on peut observer au loin la chaîne côtière. Ouverte sur les univers de l’Océan Pacifique, sur les échanges, les migrations venant d’Asie, la Colombie-Britannique est porteuse d’une diversité qui se négocie quotidiennement, dans les rues de ses villes et de ses villages.

Sans contredit, le paysage naturel et social de la Colombie-Britannique a marqué ses artistes. Emily Carr, véritable figure iconique célébrée et exposée partout dans la province et dans le pays, a habité la nature autant que la nature a pu l’habiter. Dépeignant le paysage côtier avec expressivité et spiritualité, elle a documenté avec la même sensibilité la vie des peuples autochtones. Mais Emily Carr s’inscrit pleinement dans cette longue généalogie artistique sur le paysage naturel et social. Pensez au travail contemporain du photo-conceptualiste Jeff Wall et de la documentariste Nettie Wild. Deux artistes, parmi plusieurs autres, qui ont étudié de manière critique les dynamiques sociales de la ville contemporaine.

Il y a également, en Colombie-Britannique, des artistes et des travailleurs culturels qui ont choisi de s’impliquer directement et concrètement dans le développement de la société. En effet, des centres artistiques situés dans le Downtown Eastside, comme Intersections et Centre A, où travaille notre modérateur Hank Bull, oeuvrent à la revitalisation du tissu social du quartier.

C’est donc dire que le thème de  cette 37e rencontre du Point des arts allait de soi. En posant la question « Comment les arts soutiennent-ils nos collectivités? », nous savions que nous touchions à un phénomène important. D’autant plus qu’il concerne l’ensemble de la société canadienne, et que les œuvres et les projets des artistes britanno-colombiens pourraient servir d’exemples pour les artistes de partout au pays.

À la veille de notre départ pour l’Ukraine et la Norvège, où nous irons en visite d’État avec neuf représentants de la société civile, la discussion de ce soir revêt une importance particulière. Le développement durable à l’échelle globale, tant au niveau social, environnemental qu’économique, repose sur l’échange et le dialogue. La diplomatie culturelle prend aujourd’hui tout son sens et les artistes doivent avoir une place centrale dans le débat, au sein de leur communauté et à l’étranger. C’est avec grand enthousiasme que je vous annonce donc que le 38e Point des arts aura lieu à Oslo, où nous discuterons avec des artistes norvégiens de la même question à partir de laquelle nous réfléchirons ce soir. Hank Bull fera d’ailleurs partie de ces neuf canadiens de la société civile canadienne qui nous accompagnerons et qui auront pour mission de transporter les réflexions d’un lieu à l’autre, de partager nos visions du monde.

L’heure est maintenant à la discussion. Pour conclure, je reprendrai le titre de cette exposition d’artistes de la Colombie-Britannique, parfois très jeunes, présentée actuellement à Rideau Hall, et je nous souhaiterai que notre réflexion soit inspirée par « l’esprit du lieu »