Ce contenu est archivé.
Remise des décorations de l’Association des Scouts du Canada
Rideau Hall, le jeudi 9 avril 2009
Un sentiment de joie me monte au cœur tandis que je me tiens devant vous ce matin pour vous souhaiter la bienvenue, dans la lumière de ce tableau de Norval Morrisseau, grand peintre de la nation ojibwée, qui évoque la relation intime entre toutes les formes de vie.
Un sentiment de joie qui a tout à voir avec les souvenirs que j’ai gardés de mes années de jeunesse dans le mouvement scout, car j’ai été guide.
On pourrait dire que ces souvenirs tiennent à peu de choses : des chants entonnés à l’unisson; des rires partagés au coin du feu; des aventures fabuleuses en pleine nature; des gestes simples pour aider la communauté.
Des gestes riches de sens et de possibilités.
J’ai beaucoup appris de cette expérience, notamment le pouvoir de la solidarité, la valeur de l’engagement et la responsabilité que nous avons toutes et tous d’apporter notre contribution et de protéger l’environnement.
Pour une large part, cette expérience a fait de la fille, la jeune guide que j’étais la femme, la mère, la citoyenne et la gouverneure générale que je suis devenue.
Cela dit, je ne suis pas sans savoir que le monde d’aujourd’hui est très différent de celui dans lequel j’ai grandi.
Nous sommes témoins de la dérive des valeurs qui nous lient les uns aux autres en faveur d’un individualisme forcené qui mènent tout droit à l’impasse.
Alors que nous voyons trop souvent l’indifférence et le « chacun pour soi » triompher, le mouvement scout propose à nos enfants et à nos jeunes une autre façon de vivre en société.
Une façon qui renforce le sens de la communauté et des responsabilités et qui amène les jeunes à poser des gestes conséquents en vue de rendre le monde meilleur.
J’ai la conviction profonde qu’il faut donner à nos enfants et à nos jeunes les moyens de devenir des personnes épanouies, qui ont l’audace de rêver grand et d’agir pour le bien de l’ensemble.
C’est pour cette raison que je suis si heureuse de vous rendre hommage, vous qui vous dévouez avec tant de conviction en vue de leur offrir toutes les chances possibles de s’accomplir et de participer à la vie citoyenne.
Vous recevez aujourd’hui les plus hautes récompenses accordées par le mouvement scout. Ce sont des prix pour votre service, votre leadership, votre engagement, votre esprit d’innovation, votre héroïsme.
De plus, deux de vos postes, qui regroupent des jeunes de 14 ans et plus, sont mis à l’honneur. Ils sont récompensés pour des projets qu’ils ont menés, l’un au Maroc et l’autre au Costa Rica.
Ce que les jeunes nous disent, je crois, par l’entremise de ces projets, c’est qu’il faut désormais inclure le monde entier dans notre définition de la communauté.
Saluons cet esprit de fraternité qui les anime et qui ne connaît aucune frontière.
Soulignons également qu’un des prix qui leur sont destinés sera décerné pour la première fois ce matin. C’est un prix qui porte le nom d’un grand homme et d’un grand Canadien, le général Roméo Dallaire.
Le général, et désormais sénateur, Dallaire n’a jamais craint de prendre position contre l’inertie, contre l’immobilisme, contre l’indifférence.
C’est un humaniste, un homme de cœur, tant dans ses gestes que dans ses paroles. Et je crois qu’il représente une source d’inspiration extraordinaire pour tous les scouts de ce pays, petits et grands, de même que pour les jeunes du monde entier.
Le sénateur Dallaire aurait beaucoup souhaité être des nôtres ce matin. Mais il se remet d’une mauvaise chute alors qu’il déneigeait le toit de sa résidence le 15 mars dernier. Souhaitons-lui un prompt rétablissement.
À vous toutes et tous que nous honorons ce matin, permettez que je vous dise ma fierté en tant que chef scout.
Vous incarnez ce pouvoir infaillible de la solidarité, du partage et de l’engagement grâce auquel nous pouvons édifier une société juste, compatissante, généreuse.
Vous méritez toute notre gratitude et nos applaudissements les plus chaleureux. Merci, merci beaucoup.
