Réception pour les nouveaux chefs de mission diplomatique du Canada

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Réception pour les nouveaux chefs de mission diplomatique du Canada

Rideau Hall, le jeudi 4 juin 2009

C’est une tradition printanière que de recevoir à Rideau Hall les nouveaux chefs de mission avant leur affectation en sol étranger. Et c’est chaque fois pour nous un grand plaisir que de donner le coup d’envoi qui marque une étape importante de votre carrière et de votre vie.

Vous entrez en fonction au moment même où le monde entier est confronté à des défis d’une ampleur inégalée.

Dans bien des régions du globe, les conflits ne laissent aucun répit aux populations affligées par des années de violence et d’oppression. Et dans bien d’autres encore, la sécurité et la stabilité demeurent fragiles.

Par ailleurs, n’oublions pas que, pour la première fois depuis la guerre de Corée, le Canada fait face à la dure et pénible réalité d’un conflit armé, cette fois-ci aux côtés de la Force internationale d’assistance et de sécurité en Afghanistan.

Songeons aussi à la tourmente économique qui n’épargne aucun pays et qui secoue encore plus durement ceux dont les économies sont en émergence.

C’est tout un système fondé sur la logique marchande et le chacun pour soi qui s’est écroulé tel un château de cartes, nous entraînant à sa suite, et qui tente aujourd’hui de se reconstruire sur d’autres bases.

Nous étions justement en Ukraine il y a quelques semaines pour encourager les efforts de ce pays qui s’est engagé avec courage et conviction dans une transition vers la démocratie et l’économie de marché et qui s’est vu heurté de plein fouet par cette crise.

Dans certains pays, la crise financière mondiale est venue s’ajouter, comme une malédiction, aux crises alimentaires et humanitaires qui sévissaient déjà. Des crises que des conflits ou des catastrophes naturelles ont aggravées dans certains cas.

Je pense ici à Haïti, où les ouragans ont dévasté l’ensemble du pays. En particulier la région de l’Artibonite, qui est le garde-manger de l’île et où je me suis rendue en janvier dernier pour réaffirmer la volonté de notre pays d’aider le peuple haïtien à s’en sortir et à reconstruire ce qui a été détruit.

Le déchaînement de la nature n’est pas sans rappeler à notre esprit le spectre du réchauffement climatique qui ne cesse de progresser et qui entraîne des conséquences graves sur les écosystèmes de la planète.

Que ce soit en Norvège, où je me suis rendue après la visite d’État en Ukraine, ou au Nunavut où j’étais il y a à peine quelques jours, plusieurs signes de ce réchauffement sont perceptibles dans le Nord et en inquiètent plus d’un : la fonte des glaces, les glissements de terrain provoqués par des crues souterraines, les animaux qui dévient de leur parcours migratoire, pour n’en nommer que quelques-uns.

Tous ces défis que je viens de mentionner ont ceci en commun qu’ils concernent la Terre entière.

Ils exigent que nous abandonnions les solutions unilatérales au profit d’une approche globale, solidaire et respectueuse des droits et des intérêts des peuples.

Et je crois que nous, Canadiens et Canadiennes, pouvons apporter une perspective unique à ces enjeux auxquels nous sommes toutes et tous confrontés.

Partout ou je suis allée, en visite d’État ou en voyage officiel, j’ai été heureuse d’entendre que le Canada sert de modèle à bien des égards.

Plusieurs m’ont dit aussi combien notre approche en est une d’ouverture et de réciprocité.

Je dirais, pour ma part, que le Canada a d’autant plus de résonance sur la scène internationale qu’il contient le monde et que cette diversité est pour nous synonyme de possibilités et gage de réussite.

La primauté du droit, le respect de la dignité humaine, l’égalité de la femme et de l’homme, la liberté de dire et la responsabilité d’agir, la bonne gouvernance, le développement durable sont autant de valeurs que nous nous attachons à promouvoir, ici et au-delà de nos frontières, et qui s’enracinent dans cette diversité dont nous sommes si riches, et disons-le, si fiers.

Il vous reviendra à vous, chers amis, diplomates canadiens, d’incarner ces valeurs dans le concert des nations.

Vous avez une responsabilité à l’égard du pays que vous représentez et de celui qui vous accueille pendant votre affectation : celle de faire de la diplomatie un instrument de pacification, de développement humain et de rapprochement entre les peuples.

Resserrer les liens de solidarité qui nous unissent les uns aux autres, nourrir le dialogue, pratiquer l’ouverture, savoir écouter, faire preuve de compassion, travailler ensemble en vue d’objectifs communs : voilà ce à quoi vous devrez vous employer tout au long de votre mandat.

Permettez que je prenne un moment pour remercier chaleureusement Maurie Barrett, notre bibliothécaire ici, à Rideau Hall, qui quittera son poste pour accompagner son mari M. John Barrett, récemment nommé ambassadeur du Canada en Autriche. Maurie, tous, à Rideau Hall, vous le diront : vous nous manquerez beaucoup. Nous espérons que vous resterez en contact avec l’institution du Gouverneur général ainsi qu’avec tous vos amis et collègues.

Jean-Daniel et moi vous félicitons tous chaleureusement et vous offre tous nos vœux de succès et de bonheur, ainsi qu’à vos familles qui vous accompagnent et qui vous appuient dans votre tâche.

Je vous remercie.