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Présentation des lettres de créance et de commission (République de Saint-Marin,
Royaume du Bhoutan, Royaume de Bahreïn, Afghanistan)
Rideau Hall, le mardi 30 juin 2009
Je suis enchantée de vous accueillir à Rideau Hall, d’autant que le Canada a le cœur à la fête ces jours-ci.
La semaine dernière, j’étais dans la communauté de Mashteuiatsh, peuple autochtone de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, au Québec, pour souligner la Journée nationale des autochtones, qui représentent nos racines les plus profondes en terre d’Amérique.
Mercredi dernier marquait la fête de la Saint-Jean Baptiste, la fête des francophones dont la présence a enrichi et continue d’enrichir l’histoire et la diversité de ce continent.
Et nous nous apprêtons à célébrer demain le 142e anniversaire du Canada.
Autant de célébrations qui mettent en lumière les forces vives de ce pays, c’est-à-dire les Canadiennes et les Canadiens eux-mêmes.
Je vous encourage à profiter de l’occasion pour aller à rencontre des Canadiennes et des Canadiens. Vous découvrirez un peuple ouvert qui porte dans son cœur vos espoirs de paix, de liberté et de prospérité.
Certes, le 21e siècle dans lequel nous avançons est celui où nous devons plus que jamais miser sur les valeurs qui nous rassemblent plutôt que sur les frontières qui nous séparent.
Car les enjeux auxquels nous faisons face de nos jours dépassent largement les frontières régionales et nationales, qu’il s’agisse de la crise économique, des changements climatiques ou des questions de sécurité et de stabilité.
Et ces défis exigent que nous travaillions ensemble afin de proposer des solutions communes aux problèmes auxquels nous sommes toutes et tous confrontés.
Voilà pourquoi je saisis toutes les occasions d’en appeler à un renforcement de la coopération et à une plus grande solidarité entre nous, à l’échelle de la planète.
La cérémonie d’aujourd’hui s’inscrit justement dans cette volonté d’ouverture et de partage.
Monsieur l’ambassadeur Ludin, je vous ai déjà rencontré ici même, à Rideau Hall, lors d’un dîner offert à l’occasion de la visite du président Karzaï en septembre 2006.
Je suis heureuse de vous retrouver et de vous réitérer que tous nos efforts, ceux de la Force internationale d’assistance et de sécurité, se conjuguent aux vôtres pour donner à votre peuple les moyens de reprendre en main son destin, avec dignité et assurance, et pour faire en sorte que les droits fondamentaux de toutes vos concitoyennes et de tous vos concitoyens soient respectés.
En 2007, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, j’effectuais un voyage officiel en Afghanistan pour rendre hommage au courage et à la résilience des femmes afghanes.
Partout où je suis allée, j’ai été vivement impressionnée par la volonté inébranlable des Afghanes et des Afghans de se sortir de plusieurs années de détresse et de désespoir.
Sachez que la population canadienne porte le peuple afghan dans ses pensées et que celui-ci demeure au centre de nos priorités et de nos préoccupations.
Pas de développement sans sécurité, et la stabilité vient par l’éducation, la mise en place d’infrastructures, l’amélioration des conditions de vie et le redressement des économies.
Voilà ce que m’ont dit d’une seule voix les militaires, les travailleurs humanitaires et les fonctionnaires de l’Équipe de reconstruction de la province de Kandahar que j’ai rencontrés.
Et tel est l’objectif qu’il nous faut poursuivre, ensemble et avec confiance, même si son prix semble parfois élevé.
Monsieur l’ambassadeur Carattoni, si le Canada et Saint-Marin ont une histoire et une géographie fort différentes, les valeurs démocratiques qu’ils défendent sont les mêmes.
Saint-Marin est fier, et à juste titre, d’être depuis longtemps un État libre.
Troisième plus petit État de l’Europe après le Vatican et Monaco, une des plus anciennes républiques du monde, Saint-Marin a survécu aux aléas de l’histoire et constitue un exemple de vitalité et de détermination.
Excellence, le Canada se réjouit des relations chaleureuses et amicales qu’il entretient avec Saint-Marin.
Forts de la collaboration déjà étroite que nos pays ont établie au sein d’organisations internationales comme les Nations Unies et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, nous veillerons à ce que nos relations s’intensifient encore davantage.
Nous sommes heureux de votre présence ici aujourd’hui, dans notre capitale nationale, et nous espérons que vous y reviendrez aussi souvent que vous le pouvez.
Madame l’ambassadrice Nonoo, en juin 2007, le prince héritier du Royaume de Bahreïn en appelait au renforcement du dialogue social et à une mondialisation plus juste. Il disait, et je cite : « Peu de choses dans la vie sont aussi essentielles à la condition humaine que le sens de la dignité. »
Le respect de la dignité humaine est une valeur que nous avons en partage, à l’échelle de nos pays respectifs, mais aussi à titre individuel.
On m’a dit que vous êtes l’un des 12 membres fondateurs de la Human Rights Watch Society du Royaume de Bahreïn.
On m’a également appris que vous avez lancé une campagne de sensibilisation au droit de la famille appelée le mouvement pour le respect, en collaboration avec une coalition nationale de lutte contre la violence à l’endroit des femmes.
Sachez que c’est un engagement que nous partageons, vous et moi. Dans une vie antérieure, j’ai accompagné des femmes et des enfants aux prises avec la violence, et je continue à défendre cette cause qui me tient à cœur.
Comme le Canada, votre pays a inscrit l’égalité de l’homme et de la femme dans sa constitution, et je m’en réjouis.
Comme le Canada également, le Royaume de Barheïn est riche de sa jeunesse et a fait de l’éducation sa priorité.
Dans cette perspective, je tiens à souligner les liens de collaboration qui se sont tissés entre l’Université McGill au Canada et la Royal University for Women à Bahreïn, depuis son ouverture en 2005.
Monsieur l’ambassadeur Wangchuk, les relations entre le Canada et le Royaume du Bhoutan s’enracinent aussi dans cette volonté d’offrir une éducation à toutes et à tous.
C’est en 1963 qu’un Jésuite canadien, le frère William Mackey, dont vous avez vous-même été l’un des premiers élèves, m’a-t-on dit, s’est rendu dans votre pays à la demande du gouvernement bhoutanais afin de jeter les fondements d’un système d’éducation secondaire laïque.
Depuis, plus de 50 Canadiennes et Canadiens ont enseigné dans vos écoles et plus de 250 enseignantes et enseignants bhoutanais ont étudié dans nos institutions.
Certes, le Canada est fier et honoré d’être l’un des 22 pays à entretenir des relations diplomatiques avec le Royaume du Bhoutan et souhaite vivement qu’elles s’étendent à d’autres secteurs de coopération, notamment le développement démocratique, la bonne gouvernance, le développement durable, le commerce et l’énergie.
Permettez enfin que je salue la transition que votre pays a entreprise vers l’établissement d’une démocratie parlementaire constitutionnelle.
Je me permets également d’exprimer l’espoir du Canada de voir les gouvernements du Bhoutan et du Népal en arriver bientôt à une entente en ce qui à trait aux réfugiés bhoutanais actuellement au Népal.
Soyez tous assurés, Excellences, de la volonté du Canada de travailler avec vous, dans un esprit de partage et d’ouverture, afin de créer des partenariats qui sont autant de promesses de prospérité pour nos populations respectives et pour le monde entier.
Je suis persuadée que votre affectation donnera un nouvel élan aux relations commerciales, diplomatiques, culturelles et sociales entre nos pays.
Sur cette parole d’amitié, je fais le vœu de vous revoir très bientôt et de recueillir vos idées quant aux occasions de rapprochement entre nos peuples.
Je vous remercie.
