Point des arts - Prix en arts visuels et en arts médiatiques

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Point des arts tenu dans la foulée de la remise des Prix du
Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques

Rideau Hall, le mardi 24 mars 2009

Nous sommes très heureux de vous accueillir à ce Point des arts conçu comme un espace de dialogue, de partage et de réflexion sur les arts et la culture.

Ce Point des arts, c’est notre façon à nous, Jean-Daniel, moi et toute notre équipe, de créer une atmosphère effervescente et rassembleuse autour de la remise des Prix du gouverneur général, cette fois, en arts visuels et médiatiques.

J’estime important, pour commencer, de rappeler le nom des récipiendaires de cette année. Car, après tout, nos artistes ne sont-ils pas la matière première de la création et ceux-là mêmes que nous célébrons par l’entremise de ces prix?

Je tiens à saluer les lauréats — neuf personnalités étonnantes, énergisantes de notre scène culturelle au Canada en arts visuels et médiatiques.

Plusieurs d’entre eux nous font l’honneur de leur présence ce soir, et je leur demanderais de bien vouloir se lever lorsque je les nommerai.

John Greer
Nobuo Kubota
Kevin Lockau
Rita McKeough
Robert Morin
Raymond Moriyama
Kim Ondaatje et Tony Urquhart
et Gordon Smith, qui malheureusement ne peut pas être ici ce soir.

Applaudissons-les chaleureusement.

Quelle place accordons-nous aux œuvres que nos artistes nous donnent à voir, qui témoignent de leur regard singulier sur la vie et qui nous rassemblent autour d’une expérience unique en son genre?

Existe-t-il des façons novatrices de rendre ces œuvres porteuses de sens, d’émotion et d’engagement encore plus accessibles au public, notamment grâce à des manifestations d’envergure ou grâce aux nouvelles technologies, qui sont autant de médiums à large diffusion?

Est-ce le rôle des artistes de créer un lien avec la communauté ou est-ce du ressort des institutions muséales ou des organismes artistiques et culturels?

Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre ce soir.

Prenez, par exemple, cette résidence officielle où nous avons le bonheur de vivre et de travailler.

Des milliers de visiteurs y défilent chaque année et ont l’occasion d’apprécier l’art canadien dans toute sa richesse et sa diversité, qu’il s’agisse d’œuvres d’enfants comme dans l’exposition L’esprit du lieu présentée dans le salon des ambassadeurs ou d’œuvres d’artistes reconnus.

Dans cette salle de bal où nous sommes réunis, sont remises les plus hautes distinctions du pays, y compris les prix du gouverneur général en arts visuels et médiatiques et dans une multitude d’autres disciplines.

C’est aussi dans ce lieu que le Gouverneur général procède à l’assermentation du Cabinet.

En novembre dernier, nous avons fait le pari audacieux d’installer cette œuvre monumentale née du talent et de la générosité de l’un des nos plus grands peintres canadiens, l’artiste ojibwé, Norval Morrisseau.

Si vous le voulez bien, arrêtons-nous un instant pour réfléchir à ce que ce tableau évoque dans cette salle où nous célébrons tour à tour l’excellence, le courage, la créativité et le sens de notre citoyenneté et de nos valeurs démocratiques.

Cette toile de Morrisseau, d’où jaillit une lumière vive, ouvre une fenêtre dans cette pièce d’inspiration très européenne.

Elle ouvre une fenêtre sur la rencontre des civilisations qui ont marqué notre histoire, non pas cette fois-ci dans un rapport de force, mais de  complémentarité.

C’est comme si un dialogue s’instaurait, un dialogue entre deux mondes qui ont préfiguré à notre destinée.

Ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est que cette toile restitue la mémoire, les traditions et les légendes des Premiers peuples qui sont nos racines les plus profondes en ce pays, non seulement dans cette résidence officielle qui fut celle de tous les gouverneurs et gouverneurs généraux depuis la Confédération en 1867, mais plus encore, dans l’espace public.

Elle a fait plus d’une fois la manchette des journaux, se retrouve sur toutes les photos prises à l’occasion de cérémonies et dans toutes les images captées par les caméras de télévision.

Voyez comment un tableau est riche de signification, comment il peut influencer ou changer notre perception des choses, je dirais même notre façon d’être en relation avec les uns avec les autres.

Une œuvre d’art peut dégager le sens et dire beaucoup. Une œuvre peut rendre présent et donner une voix au tiers trop longtemps exclu.

Je crois profondément que les œuvres ne sont pas là seulement pour embellir les lieux, mais pour leur donner un supplément d’âme et de sens.

C’est là que réside tout le pouvoir de l’art.

Dans cette capacité de nous révéler nos parts d’ombre et de lumière, nos faiblesses et nos forces.

De convoquer le questionnement et la réflexion.

D’élargir notre vision du monde ou parfois la remettre en question, quitte à aller à l’encontre des conventions et des idées reçues.

D’où l’importance, je crois, de réfléchir ensemble à la portée des images qui circulent dans notre société et à la place que nous voulons faire à celles que nos artistes nous offrent en partage pour notre enrichissement collectif.

Permettez que je remercie le Conseil des arts du Canada de son appui indéfectible à nos artistes et de sa précieuse collaboration dans l’organisation de ce point des arts que nous ouvrons cette année au public.

Je cède maintenant la parole à mon plus proche collaborateur, Jean-Daniel Lafond, qui fait de la pensée un espace de liberté, de l’art un mode de vie et d’une lentille un point de vue sur le monde.

À toi Jean-Daniel…