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Point des arts : Comment les arts soutiennent-ils nos collectivités locales?
Oslo (Norvège), le mercredi 29 avril 2009
Bonjour et bienvenue à toutes et à tous.
En cette ère de mondialisation, l’une des questions cruciales qui se pose à l’humanité est celle du vivre ensemble.
Or, mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même partageons la conviction que les rapports entre les individus et entre les peuples vont au-delà des seules règles du marché.
Nous estimons que la mondialisation vise aussi à mettre en présence des modes de vie, des valeurs et des visions du monde qui définissent nos cultures et nos identités et qui sont sources d’enrichissement collectif.
Il faut voir, selon nous, dans la diversité des cultures autant d’occasions de rapprochement et de possibilités de s’interroger sur les enjeux que nous avons en commun.
Nous estimons également que dans un monde où les frontières ne cessent de s’agrandir, l’art est un langage universel qui facilite le dialogue entre les peuples et un vecteur de civilisation qui traverse le temps.
C’est justement afin de favoriser ce dialogue que nous avons lancé un forum appelé le Point des arts, conçu comme un espace de parole, d’échange et de réflexion sur les arts et la culture que nous ouvrons non seulement au Canada, mais à l’étranger.
C’est une manière pour nous d’exercer ce que nous appelons une diplomatie culturelle, c’est-à-dire de faire en sorte que la culture et les arts soient pour les uns et les autres une occasion de partage.
Nous en sommes à notre 38e Point des arts, et nous sommes enchantés de voir les collaborations qui sont nées de cette initiative et les liens qui se sont noués entre participants de tous les horizons, au-delà des barrières qu’on croirait à tort infranchissables.
Mon mari, moi-même ainsi que les membres de la délégation canadienne qui nous accompagnent sommes ravis d’accueillir aujourd’hui des artistes, des créateurs, des chercheurs, des penseurs, des dirigeants et des représentants du milieu culturel norvégien qui s’interrogent sur la façon dont les arts et la culture soutiennent les communautés locales.
L’une des réalités auxquelles font face les pays nordiques comme le Canada et la Norvège est certainement celle de l’éloignement et de la distance. Certaines de nos collectivités ne sont accessibles que par les airs, comme c’est le cas de bien des collectivités inuites au Canada.
À cet titre, j’ai été renversée de voir, par exemple, les affiches du projet Artscape Nordland qui se propose de peupler les paysages spectaculaires du nord de la Norvège — du comté de Nordland pour être plus précise — de sculptures intégrées à l’environnement.
Dans cette région où il n’y a pas de galerie d’art, la Nature fait office de musée, et les œuvres signées par des artistes du monde entier s’offrent à la vue de toutes et de tous.
Comment faire en sorte que les œuvres et les activités culturelles franchissent les distances géographiques et parfois le mur d’indifférence auquel se butent les artistes qui ont choisi de faire carrière en région éloignée?
Comment s’assurer que les petites localités aient accès à toute la diversité et la richesse des cultures et des pratiques artistiques?
Quels moyens sont mis en œuvre pour préserver les cultures locales et traditionnelles, qui apportent un savoir ancestral et un supplément d’âme à nos collectivités, tout en favorisant une plus grande ouverture sur le monde?
Comment transmettre aux jeunes des régions éloignées une culture dans laquelle ils se reconnaissent et qu’ils voudront renouveler de leurs propres perspectives sur le monde, de leurs propres idées et de leurs propres choix ?
Autant de questions et d’enjeux qui sont au cœur du débat sur les arts et la culture au Canada et auxquels nous souhaitons que vous apportiez vos points de vue, vos solutions et votre expérience.
Je m’arrête ici, car il me tarde de vous entendre.
