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Déjeuner offert par Mme Helga Pedersen, ministre de Pêche et Affaires côtières
Tromsø (Norvège), le jeudi 30 avril 2009
Mon mari Jean-Daniel Lafond, moi-même et la délégation canadienne qui nous accompagne considérons comme un immense privilège d’être ici, à Tromsø, la plus grande ville au nord du cercle polaire.
Et nous vous remercions chaleureusement de ce déjeuner offert en l’honneur de notre visite d’État en Norvège.
D’autant, s’il fallait un signe de plus de la bonne entente qui règne entre nous, que les feuilles d’érable qui ornent le plafond de cette splendide salle font en sorte que Canadiennes et Canadiens se sentent ici chez « eux » et en « famille ».
J’aimerais souligner la présence parmi nous de premiers ministres provinciaux et territoriaux, de même que de ministres, qui participaient hier à la réunion des ministres des Affaires étrangères du Conseil de l’Arctique, créé en 1996 à Ottawa, en vue de favoriser la coopération circumpolaire.
Le Canada et la Norvège travaillent étroitement au sein de ce Conseil qui est un forum de discussions incomparable pour les pays voisins de l’Arctique et les organisations autochtones dont les peuples habitent ces terres depuis des millénaires.
L’objectif poursuivi consiste à assurer un juste équilibre entre l’exploitation des ressources et la préservation de l’environnement, de même que le développement des peuples du Nord.
Il nous importe, en effet, que les peuples du Nord, aient à leur disposition tous les moyens de gérer efficacement leurs propres ressources et de préserver leurs cultures, leurs langues et leur savoir, qui sont un trésor irremplaçable pour l’humanité entière.
Au Canada, le territoire du Nunavut, qui représente deux millions de kilomètres carrés et vingt pour cent de la superficie de notre pays, célèbre cette année le dixième anniversaire de sa création et de sa marche enjouée vers l’autonomie gouvernementale.
C’est une date décisive de l’histoire récente du Canada, et c’est pour moi un bonheur que de l’évoquer ici, en Norvège, dans une communauté arctique, et à proximité du peuple same.
Il va sans dire que l’expérience remarquable du peuple same nous interpelle au plus haut point, et nous aurons plus tard cet après-midi l’occasion de nouer un dialogue que nous souhaitons fructueux avec quelques-uns de ses représentants.
Cette ouverture au dialogue est pour nous un gage d’avenir des plus prometteurs et s’inscrit à la base même de tout enrichissement mutuel par l’échange de points de vue et de connaissances, dans un esprit de réciprocité.
Le partage de connaissances est en fait l’une des clés du succès du partenariat entre le Canada et la Norvège et, je préciserai ici, entre Tromsø et le Canada.
Il existe ici même deux institutions exceptionnelles avec lesquelles nombre de chercheurs canadiens entretiennent de riches et prolifiques collaborations dans des domaines d’intérêts communs et reliés à notre situation géographique septentrionale.
Je pense, bien sûr, au Norwegian Polar Institute, le premier de son genre au monde, reconnu pour ses recherches sur les changements climatiques et son travail de cartographie de l’Arctique.
La coopération entre l’Institut et plusieurs universités canadiennes est digne de mention, notamment en ce qui concerne l’étude conjointe de la transformation des glaciers dans un contexte de réchauffement climatique.
Je pense aussi à l’université de Tromsø, la plus nordique des institutions académiques, intégrée au grand réseau de l’université de l’Arctique qui comprend également vingt-huit universités canadiennes.
L’exploration de toutes les dimensions du développement des régions nordiques, qu’il s’agisse de leur essor culturel ou de leur prospérité économique, a créé entre chercheurs canadiens et norvégiens une réelle communauté d’esprit.
Plusieurs programmes d’échanges et de projets de recherches ont été établis entre le Centre d’études same et nombre d’institutions canadiennes, témoignant ainsi d’une prometteuse vitalité.
Je soulignerai plus tard aujourd’hui l’extraordinaire collaboration entre le Canada et ces deux institutions phares de l’Arctique norvégien.
Jadis, l’Arctique représentait une contrée inaccessible et hostile, dont les glaces semblaient aussi vives que les feux de l’enfer de Dante.
Nous, Norvégiens et Canadiens, Canadiennes et Norvégiennes, sœurs et frères du Nord, savons depuis longtemps qu’il n’en est rien et connaissons la chaleur des peuples de l’Arctique.
Nous savons aussi que l’engouement que soulève actuellement l’immense potentiel des ressources de ces terres ancestrales nous confère une responsabilité face à l’avenir.
Celle de ne pas épuiser cupidement ces immensités encore vierges de leurs richesses naturelles et de protéger pour les générations à venir les cultures qui y ont pris racine et qui demandent à se perpétuer dans le respect et la dignité.
Je suis convaincue que c’est une responsabilité que ni le Canada, ni la Norvège, ne prennent à la légère.
Nous sommes responsables du génie de ces lieux à nul autre pareil sur la carte du monde.
Le génie d’un lieu dont la majesté s’inscrit parfois dans le ciel, pour emprunter la belle image de la poétesse innu Rita Mestokosho, à la manière des « aurores boréales (qui) s’allument comme par enchantement ».
Merci mille fois de votre accueil et de votre écoute.
Et longue vie à l’amitié entre le Canada et la Norvège!
