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Déjeuner offert par l’ambassadeur du Canada en Slovénie et discussion sur
le rôle des femmes dans l’art, la culture et la société civile
Ljubljana (Slovénie), le jeudi 22 octobre 2009
Je remercie l’ambassadeur du Canada en Slovénie, M. Pierre Guimond, de nous donner l’occasion de réfléchir ensemble au rôle des femmes dans l’avancement des arts, de la culture et des sociétés canadienne et slovène.
J’estime que nous ne parlerons jamais assez de nous, les femmes. De nos luttes. De nos victoires. Du pouvoir que nous avons d’influer sur le monde et de notre volonté de le changer pour le mieux.
J’estime également que nous devons être, les unes pour les autres, des sœurs, des alliées, des modèles, des sources d’inspiration, par-delà les frontières, par-delà nos différences.
Car partout où je vais, dans mon pays et à l’étranger, m'acquittant des tâches de chef d'État en tant que gouverneure générale, je constate que le chemin vers l’égalité pour les femmes est semé d’embûches et que ces embûches sont semblables, d’une ville à l’autre, d’une région à l’autre, d’un pays à l’autre.
Les femmes reçoivent encore un salaire moindre pour un travail équivalent à celui d’un homme, et cela même si elles sont plus instruites.
Ce sont encore les femmes qui sont sous-représentées dans les instances décisionnelles.
Ce sont encore les femmes qui accomplissent le plus grand nombre d’heures de travail non rémunéré.
Ce sont encore les femmes qui sont les plus susceptibles de vivre dans la pauvreté.
Et ce sont encore les femmes qui risquent le plus d’être agressées, dans l’intimité de leur foyer ou dans la rue.
Je le sais pour avoir été journaliste et avoir témoigné de ces réalités, notamment du trafic des femmes, un phénomène qui prend de l’ampleur à l’échelle de la planète.
Je le sais aussi pour avoir collaboré à mettre sur pied un réseau de refuges destinés aux femmes victimes de violence et pour les avoir accompagnées pendant près de dix ans.
Et la gouverneure générale que je suis est plus que jamais convaincue que les combats menés par les femmes pour le respect de leurs droits sont une affirmation de la dignité humaine et un chemin qui conduit vers la liberté.
Toutes celles, au Canada, ici, en Slovénie, et ailleurs, qui ont un jour brisé le cercle de la violence et de l’oppression; toutes celles qui ont remis en cause les conventions; toutes celles qui ont fait volé en éclats les barrières sociales; toutes celles qui ont fait le pari d’être des ferments de progrès pour leur société, sont pour moi des sources d’inspiration.
J’ai toujours été émue par l’esprit de résistance des femmes, cette résilience que nous avons et qui fait que dans les situations les plus extrêmes, et tout au cours de l’histoire, nous avons continué de penser, de dire, d’agir et de nous battre.
C’est le cas de tant de femmes artistes de par le monde qui ont osé et qui osent encore créer en pleine lumière.
Malgré les contraintes nombreuses, malgré les préjugés coriaces, des noms de femme ont percé le silence de l’histoire.
Ces artistes prennent la plume ou le pinceau, montent sur les planches, nous renvoient le monde en images, bref elles ont l’audace et le talent qu’il faut pour dire haut et fort ce qu’elles sont et ce qu’elles pensent.
Par la conquête incessante de leur liberté intérieure, elles nous aident à comprendre que le monde peut être autrement. Qu’il est possible de le changer et de l’ouvrir à de nouvelles voix et que celles des femmes doivent compter également.
J’ai la conviction profonde que le développement de nos sociétés repose sur les efforts quotidiens des femmes et leur recherche constante de possibilités, pour elles-mêmes, pour leurs enfants et pour l’ensemble de leur communauté.
C’est dans cet esprit que je viens à votre rencontre. Pour savoir quelles sont ces possibilités. Quels sont vos défis aussi, vos réalités et vos rêves d’avenir pour vous-mêmes, pour la Slovénie et pour l’humanité entière.
Il me tarde de vous entendre et de répercuter votre message d’espoir et de liberté à mon retour au Canada.
