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Clôture de la Conférence des lieutenants-gouverneurs et des commissaires
Iqaluit, le dimanche 31 mai 2009
Permettez-moi tout d’abord de vous remercier toutes et tous pour avoir fait de la Conférence des lieutenants-gouverneurs et des commissaires un véritable succès cette année.
La décision de faire coïncider la tenue de cet événement avec le 10e anniversaire de la création du gouvernement du Nunavut est une façon ingénieuse de relier la plus ancienne institution publique du pays, que je représente, aux réalités sociales toujours en évolution de ce pays que nous aimons et partageons.
Au cours de nos délibérations durant la conférence, j’ai été impressionnée par la qualité et la profondeur de nos discussions aussi bien que par la teneur des exposés que nous avons entendus pendant les trois derniers jours.
Il ne fait aucun doute que nous avons découvert au Nunavut un territoire dont la grande richesse repose sur ses habitants, son histoire, ses ressources naturelles, et où les résidants cherchent à réaliser leur aspiration collective, celle d’un territoire plus prospère, respectueux de l’environnement et durable.
Cela dit, ce qui a été pour moi le plus mémorable et le plus significatif est le privilège de vous avoir eu parmi nous au tout premier Forum de la gouverneure générale sur les arts urbains tenu dans le Nord.
Mémorable, parce cela m’a permis de vous faire participer directement à mes efforts visant à cultiver et faire fructifier un lien organique entre la vie et la réalité de citoyennes et citoyens ordinaires et l’institution que le gouverneur général représente, et à favoriser une plus grande solidarité et une plus grande coopération entre les individus, entre les générations et entre les groupes sociaux qui composent le Canada d’aujourd’hui.
En fait, ce que le forum nous a démontré c’est que les générations peuvent être solidaires et apprendre l’une de l’autre, dans un esprit de respect mutuel et de réciprocité.
Il est vrai que nous avons entendu des voix marquées par la douleur et la souffrance.
Il est vrai que nous avons entendu implorer pour un appui accru.
Il est vrai que nous avons entendu le cri désespéré de jeunes qui sont confrontés aux fléaux de la drogue, de l’abus, de la violence, de la dépression et même du suicide.
Mais nous avons d’autre part entendu, dans leurs témoignages émouvants, une expression d’espoir.
L’affirmation d’une transformation personnelle.
D’un sens de responsabilité individuelle et collective.
Et d’un engagement audacieux, mais combien éloquent, visant à faire en sorte que les fonctionnaires, quel que soit leur niveau, répondent d’une manière affirmative aux besoins des gens du Nord.
Chers amis, ce que nous avons également observé hier soir, c’est l’incroyable façon avec laquelle le monde des sages inuits d’antan s’adapte aux réalités contemporaines du monde moderne, dans le Nord.
Et c’est par le prisme de l’art que s’établit le pont entre la tradition et la modernité, entre les aînés et les jeunes.
Un processus fascinant.
De plus en plus, le hip hop, la sculpture, le théâtre, les arts du cirque, le break-dancing, le chant de gorge, le cinéma et autres formes artistiques deviennent de puissants outils qui aident à renforcer l’identité des Inuits, à promouvoir et à protéger leurs langues indigènes, à exprimer leur culture avec fierté, et à réconcilier la population avec elle-même et avec les autres.
Comme le mentionnaient les jeunes, hier soir, les arts agissent également comme un baume puissant qui est à la fois soulageant et stimulant pour l’âme d’un peuple qui, ne l’oublions pas, a fait face à de profonds changements et à de graves injustices au cours des cent dernières années.
Et ce sont justement les jeunes qui, dans ce sens, ouvrent la voie.
Comme vous le savez, j’ai fait des jeunes ma priorité, car je crois en leur capacité de trouver des solutions aux défis de l’heure et de changer les choses pour le mieux. J’ai donc promis de créer au sein de l’institution que je représente un espace où les voix des citoyennes et des citoyens peuvent se faire entendre et être prises au sérieux, et où la société peut réfléchir sur les façons d’unir leurs efforts, de rassembler leurs forces et de développer des initiatives pour le bien collectif.
Et j’ai toujours eu la conviction que les jeunes doivent être au cœur de cette vision.
Car il est impossible de bâtir un pays fort sans aider les jeunes à trouver les moyens de se prendre en main.
J’ai donc misé sur des initiatives telles que les forums sur les arts urbains, non seulement pour créer des occasions de donner une voix aux jeunes, mais également pour leur offrir des espaces de réseautage et pour leur donner la possibilité de rencontrer des philanthropes, des décideurs et autres intervenants pouvant jouer un rôle décisif dans la réalisation de leurs aspirations et de créer des liens avec eux.
Ces forums sont des espaces d’apprentissage et de collaboration intergénérationnelle.
C’est ainsi que j’ai le plus grand plaisir d’annoncer que les services du directeur du Hip Hop Squad d’Iqaluit ont été retenus, hier soir durant le forum jeunesse, par le brigadier-général Millar, qui était présent, pour ajouter un volet hip hop au programme des Cadets et des Rangers des Forces canadiennes.
Voilà un exemple du rapprochement des générations!
En terminant, je tiens à vous dire que je compte bien demeurer en contact avec vous.
J’espère poursuivre, en collaboration avec vous et vos bureaux, mes efforts pour rejoindre les jeunes de tous les milieux et de toutes les confessions et pour faire le pont entre les générations, les cultures et les régions qui font de ce pays ce qu’il est aujourd’hui.
Le fait de représenter la Couronne nous fournit, à toutes et à tous, une occasion incroyable de nous rapprocher de nos concitoyens et concitoyennes d’une manière unique et valable et de changer leur vie pour le mieux.
Chaque geste compte.
Continuons ensemble de mettre à profit notre situation.
Car nous savons tous que, dans un pays aussi vaste que le nôtre, il nous faut inventer de nouvelles façons de rejoindre les gens, si nous voulons établir de nouveaux réseaux de solidarité et des liens plus solides, plus profonds et plus enrichissants.
Voilà justement ce que nous venons de faire durant cette conférence, et j’ai la certitude que notre façon de voir le Nord et ses collectivités ne sera plus jamais la même.
Chose certaine, le Nord, il vous entre dans le cœur pour ne plus jamais en sortir.
Merci beaucoup pour votre enthousiasme. Bon voyage de retour, et à l’année prochaine!
