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Changement de commandement du colonel du Royal 22e Régiment
La Citadelle, le vendredi 26 juin 2009
L’histoire a fait en sorte qu’il existe un lien privilégié entre l’institution du Gouverneur général et le Royal 22e Régiment depuis le général Vanier qui a combattu dans ses rangs et qui lui vouait une profonde admiration.
Je suis heureuse aujourd’hui de m’inscrire dans cette grande tradition et de profiter de l’occasion pour vous dire à quel point je suis fière de vous. À quel point les Canadiennes et les Canadiens sont fiers de vous.
Les exploits du Royal 22e Régiment jalonnent notre passé, de la Première Guerre mondiale à la Seconde, de la Guerre de Corée aux nombreuses missions de paix du Canada sous la bannière de l’ONU.
Mais ces exploits sont le plus souvent accomplis au prix de grands sacrifices et de nombreuses vies, comme nous le rappelle si bien la participation du Canada dans la force de sécurité internationale en Afghanistan.
Quand je pense à celles et ceux d’entre vous qui êtes dans les zones les plus troubles de l’Afghanistan, déployant tous les efforts pour prêter main-forte à une population privée de ses droits les plus fondamentaux, je ne peux rester indifférente et m’empêcher de vous porter dans mon cœur.
Et vous, familles et proches ici réunis, je peux à peine concevoir ce qu’il vous faut d’abnégation, de courage et d’amour pour appuyer celui ou celle que vous aimez et pour respecter son choix, quoi qu’il arrive.
Or, si le départ du général Baril nous attriste, l’arrivée du général Forand nous rassure en ces temps particulièrement difficiles.
Car nous savons que vous serez en aussi bonnes mains que vous l’étiez ces cinq dernières années.
Général Baril, dès votre entrée dans les Forces, vous avez servi au sein du Royal 22e Régiment. Vous avez également occupé des postes de commandement dans le 3e et le 2e Bataillon.
Vous vous êtes vu confier des missions difficiles au cours de votre carrière et avez fait vos preuves dans des postes de haute responsabilité, dont celui de conseiller militaire du Département des opérations de maintien de la paix par le Secrétaire général des Nations Unies et celui de chef d’état major.
Je suis toujours émue lorsque vous me parlez de votre expérience en Croatie.
Pour les membres du Royal 22e Régiment, vous êtes certes une personnalité respectée, mais aussi un des leurs.
En leur nom, je vous dis merci. Merci de les avoir représentés avec fierté et engagement et de les avoir guidés pendant toutes ces années.
Général Forand, vous savez mieux que quiconque les pressions qui s’exercent sur nos militaires, et peut-être encore davantage sur les régiments d’infanterie comme le Royal 22e au sein duquel vous avez également servi.
Vous avez dit, et je vous cite : « Aucune autre profession ne soumet ses chefs à cette grande contradiction du leadership : d’une part, ils protègent, forment et soignent les soldats sous leur commandement et, d’autre part, ils doivent délibérément les exposer aux dangers les plus meurtriers de la guerre pour accomplir les missions militaires. »
C’est justement parce que vous n’avez jamais nié cette contradiction entre l’importance que représentent pour vous chaque homme et chaque femme sous votre commandement et les risques qu’ils doivent courir que vous êtes devenus un militaire respecté et aimé.
Parce que vous aviez conscience de cette responsabilité-là et que vous avez toujours su agir en conséquence.
Vous avez-vous-même été dans des situations où vous n’avez pas hésité à mettre votre vie en péril. L’une d’entre elle vous a d’ailleurs valu l’Étoile du courage.
Et comment oublier l’efficacité et l’engagement avec lesquels vous avez dirigé la Force d’intervention de la région de Montréal après la crise du verglas de janvier 1998.
On dit de vous que vous êtes tenace, brave, dévoué. Nous vous confions aujourd’hui le Royal 22e Régiment.
Nous sommes convaincus que vous serez, par votre exemple, une source d’inspiration qui donnera à ses membres la force de continuer leur travail périlleux, que vous apporterez un appui précieux et nécessaire aux militaires blessés de retour au pays et que vous contribuerez à étendre le rayonnement de ce fleuron de la francophonie dont nous sommes si fiers.
C’est avec joie que je vous offre tous mes vœux de succès.
Que cette cérémonie qui nous réunit aujourd’hui soit pour la Commandante en chef que je suis l’occasion d’exprimer tout le respect des Canadiennes et des Canadiens pour le travail que vous accomplissez et pour les sacrifices auxquels vous consentez au nom d’un idéal de justice et de liberté.
Je vous remercie.
