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Cérémonie d’investiture de l’Ordre du mérite militaire
Rideau Hall, le vendredi 30 janvier 2009
Bienvenue à Rideau Hall où nous voici réunis ce matin pour reconnaître la valeur exceptionnelle du service qu’ont rendu cinquante-six hommes et femmes qui ont choisi d’endosser l’uniforme et qui ont connu une brillante carrière dans les Forces.
À titre de commandante en chef et de gouverneur général du Canada, j’ai le privilège de côtoyer au quotidien des membres des Forces canadiennes de tous les échelons.
J’ai aussi l’occasion de les voir à l’œuvre à l’étranger.
Il y a quinze jours à peine, j’ai effectué une visite de travail en Haïti — mon île natale —, une île aux prises avec une pauvreté endémique, aggravée par une crise alimentaire sans précédent, une île ravagée par quatre ouragans en moins de quatre semaines l’automne dernier.
J’ai rencontré là-bas des militaires canadiens dévoués qui accomplissent un travail essentiel, dans des conditions souvent précaires et difficiles, aux côtés de la population, aux côtés des travailleurs humanitaires et dans le cadre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti.
Partout où je suis allée depuis le début de mon mandat, que ce soit en Haïti, au Camp Mirage, à Kandahar, sur le NCSM Iroquois déployé à Casablanca ou sur l’une des bases militaires ici au pays, j’ai écouté les militaires me parler de leur vie dans les Forces.
Ils m’ont tous dit la même chose, presque dans les mêmes mots. Ils m’ont dit : « Je veux changer les choses; je veux faire une différence. »
Au nom de la justice, de la paix, de la stabilité, de la sécurité, vous déployez des efforts hors du commun. Vous surmontez toutes les difficultés, relevez tous les défis, avec détermination, courage, conviction, ingéniosité et avec un sens du devoir admirable.
Votre dévouement vous amène à vivre, pendant des périodes extrêmement longues, loin des êtres qui vous sont chers.
Certains mettent leur vie en péril et prennent des risques dont nous n’avons pas idée tellement nous sommes loin des conflits internationaux qui bouleversent notre monde.
Je ne suis pas sans ignorer ce qu’il vous en coûte pour faire carrière dans les Forces.
Et je ne suis pas sans savoir les pressions qui s’exercent sur vous qui avez la responsabilité de décider, de diriger et de commander.
C’est une tâche que l’on ne peut prendre à la légère et qui nécessite d’être un exemple pour les autres, voire de faire passer les intérêts des autres avant les vôtres.
Nous vous devons une extrême reconnaissance, ainsi qu’à vos familles qui se tiennent à vos côtés.
Je peux à peine imaginer ce qu’il leur faut d’abnégation et d’amour pour vous appuyer, quoi qu’il arrive.
Et que dire des absences répétées, pendant de longues périodes. Sans oublier les retours. Car la vie après la mission — réintégrer le quotidien, recommencer à vivre à deux ou en famille — n’est pas facile ni pour celui ou celle qui revient, ni pour la famille.
Tous ces sacrifices, votre partenaire de vie, vos enfants, vos parents et vos proches les font pour vous, parce qu’ils respectent votre choix de vie et qu’ils sont fiers de vous.
Tous ces sacrifices, ils le font aussi pour leur pays et au nom d’un idéal de justice et de liberté.
Je mesure d’autant plus l’ampleur et la portée de vos sacrifices que des soldats canadiens ont perdu la vie depuis que le Canada fait face à la dure et pénible réalité d’un conflit armé, et que j’accompagne les familles endeuillées sur le tarmac lors des cérémonies de rapatriement des corps.
C’est chaque fois une expérience déchirante qui nous met toutes et tous à l’épreuve.
Je ne peux m’empêcher d’avoir aujourd’hui une pensée toute spéciale pour eux, de même que pour tous les blessés dont on ne parle pas ou très peu.
Grâce à vous, le Canada apporte une contribution essentielle au monde, qu’il s’agisse de fournir des secours d’urgence à des populations sinistrées ou de reconstruire et de maintenir la paix dans les « points chauds » du globe.
Grâce à vous, le Canada peut assurer la sécurité de ses eaux et de ses frontières et écarter toute menace qui pourrait peser contre nous et entraver la liberté dont nous sommes si riches en ce pays.
Au nom de la population canadienne, je vous remercie de tout cœur.
Sachez que votre commandante en chef est fière de ce que vous faites et heureuse de vous investir aujourd’hui de l’Ordre du Mérite militaire.
