Ce contenu est archivé.
Rideau Hall, le jeudi 11 septembre 2008
C’est avec joie que je vous accueille à Rideau Hall et que je souhaite la bienvenue au Canada à nos invités d’outre-mer.
Cette institution publique, que je représente fièrement à titre de gouverneure générale et qui est la plus vieille au pays, témoigne des liens historiques entre le Royaume-Uni et le Canada.
Ces liens qui nous unissent par delà les siècles et les frontières sont plus importants que jamais dans l’état actuel du monde où les enjeux nécessitent une approche solidaire.
J’aimerais en profiter pour saluer cet Échange qui s’inscrit justement dans une volonté de rassembler les idées et les expériences pour apporter un nouvel éclairage à des questions qui nous concernent tous.
Si la justice ne s’exerce pas partout de la même façon, pas même à l’intérieur de nos propres frontières nationales ici au Canada, il n’en demeure pas moins qu’elle s’est élargie à la dimension du monde et que ses juridictions sont beaucoup moins étanches.
Nos systèmes juridiques, tout en gardant leur permanence et leur fiabilité, évoluent désormais dans un contexte global.
Que l’on songe à l’influence que les systèmes et les cultures juridiques exercent les uns sur les autres et à la façon dont ils s’enrichissent mutuellement.
Pensons aussi aux nouveaux modes de règlement des conflits et procédures de coopération à l’échelle mondiale, notamment en matière de sécurité et d’environnement.
Et que dire de la multiplication des juridictions internationales comme la Cour internationale de justice, les Nations Unies ou l’Organisation mondiale du commerce.
Nos sociétés s’ouvrent de plus en plus et évoluent de manière fulgurante. Les systèmes juridiques, qui en sont les piliers, sont donc appelés eux aussi à s’ouvrir et à suivre leur rythme.
Il importe de prendre la mesure de ces changements, comme vous le faites dans le cadre de cet Échange, de comprendre quelles en sont les répercussions sur nos lois, notre appareil judiciaire et son fonctionnement, et de saisir les possibilités qu’ils nous offrent.
Je demeure convaincue que dans un monde où nous sommes de plus en plus liés, nous n’avons d’autre choix que d’élargir notre conception de la liberté et de la responsabilité.
Car il est des droits et des devoirs inhérents à tous les êtres et toutes les nations, des droits et des devoirs qui relèvent du bien commun et de l’avenir de l’humanité entière.
Et j’estime que nos systèmes juridiques, fondés sur la règle du droit, la démocratie et l’équité, de même que vous qui les représentez avec sagesse et clairvoyance, pouvez apporter une contribution essentielle à ce bien commun et à cet avenir que nous voulons meilleur pour tous.
Permettez que je cite notre Juge en chef, la très honorable Beverley McLachlin. Elle a dit :
« Comme toute autre institution humaine, la justice est un processus en constante évolution : elle n'est jamais parfaitement réalisée. Chaque décennie, chaque année, chaque mois, chaque jour même, apporte de nouveaux défis à relever. »
Les questions que vous soulevez en témoignent largement.
Elles démontrent que les systèmes juridiques jouent un rôle essentiel, celui d'aider nos sociétés dans leur réflexion sur les notions de justice et de liberté.
Dans quelle mesure les lois et les règlements d’un pays s’appliquent-ils à l’extérieur de ses frontières, notamment lorsqu’il est question des droits de la personne?
Comment maintenir un juste équilibre entre sécurité et liberté face à la montée des intégrismes et à la multiplication des actes terroristes?
Quelles sont les répercussions de l’ouverture de plus en plus grande des cours de justice aux médias et aux médiums de large diffusion comme Internet?
Voilà autant de défis qui nécessitent une concertation des esprits et des efforts et une volonté réelle d’assurer une protection accrue de la dignité et des droits de tous les êtres humains.
Dans cette perspective, on ne peut que se réjouir du dialogue qui s’est établi entre vous et des échanges qui en résulteront.
Je vous remercie de votre engagement, un engagement qui va bien au-delà des cours de justice.
Je souhaite que vos discussions soient enrichissantes et porteuses d’avenir.
