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Tuktoyaktuk, le mercredi 16 avril 2008
C’est la deuxième fois que je viens ici, aux Territoires du Nord-Ouest, et la quatrième fois que je franchis le soixantième parallèle depuis mon installation à titre de gouverneur général.
Mais je ne me suis encore jamais rendue aussi loin dans la région circumpolaire.
Nous sommes au nord du Nord.
À la porte d’entrée du site canadien des pingos.
À la fin d’un chemin de glace.
Aux abords de l’océan arctique.
Nous sommes au bout du monde.
Je vis comme un grand privilège le fait de me retrouver ici.
Très peu de Canadiennes et de Canadiens ont cette chance inouïe de venir jusque dans cette région qui regorge de trésors ni de visiter le Grand Nord, qui constitue pourtant la majeure partie de notre territoire démesuré par sa superficie.
Sachez que je suis bien heureuse de profiter de chaque instant de cette journée en votre compagnie.
On m’a tant parlé de vous, les gens de Tuk. De votre culture, de vos langues, de votre façon de voir et de vivre.
De votre histoire aussi. Une histoire d’endurance, de débrouillardise et de sagesse qui remonte à des millénaires.
On m’a tant parlé de votre résilience.
En un temps très court, vous avez été contraints de passer du nomadisme à la sédentarité.
Je ne sous-estime pas la ténacité et le courage qu’il vous a fallu pour maintenir vos histoires, vos traditions, votre culture et vos langues après une entrée si rapide dans un tout autre monde.
Une chose est claire : le Nord est à un point tournant de son histoire et de son développement.
Il est urgent de préparer les jeunes à assumer pleinement le développement de vos richesses, dans tous les secteurs névralgiques de la société.
Et là je m’adresse tout spécialement à vous les jeunes.
Aujourd’hui, j’ai rencontré un jeune garçon ici à Tuk, et sa mère, Maureen, m’a dit qu’il voulait devenir médecin, étudier la médecine pour devenir docteur. Je dis, bravo!
Osez rêver grand. Allez au bout de vos rêves. Saisissez toutes les occasions et faites-le avec assurance en étant fiers de qui vous êtes.
Vous rêvez d’être médecin, mécanicien, pilote, sculpteur, architecte, cuisinier, charpentier, ingénieur, camionneur, voire gouverneur général, eh bien, moi, je crois en votre rêve et je vous vois déjà formant une nouvelle génération de jeunes du Nord, prêts à contribuer à l’essor de vos communautés, du pays tout entier et du monde.
Surtout, n’ayez pas peur de rêver grand et ne doutez jamais, jamais de vous-même.
C’est justement ce dont nous avons discuté au Sommet sur l’éducation inuite qui réunissait à Inuvik des éducateurs de tout l’Arctique canadien.
Donner aux jeunes le goût d’apprendre, d’explorer la vie et le monde dans toutes ses dimensions, c’est donner à vos communautés les outils essentiels à leur épanouissement.
Je suis venue parmi vous pour que nous fassions connaissance, pour comprendre vos réalités et pour répercuter votre message partout où j’irai.
Je suis ici avant tout pour vous écouter.
Pour vous écouter, vous, les jeunes.
Vous, les aînés.
Car c’est lorsque nous acceptons d’apprendre les uns des autres que nous grandissons ensemble
Prenons le temps de nous connaître.
Moi qui suis née dans le pays le plus pauvre des Amériques, Haïti, et qui suis venue au Canada alors que j’étais une enfant, je n’aurais jamais cru avoir l’immense privilège de franchir le cercle polaire et de venir chez vous pour vous dire aujourd’hui que je suis fière de vous.
Sachez que je réalise auprès de vous l’un de mes rêves les plus chers.
