Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion du Point des arts tenu dans la foulée du Cap sur les ports francophones 2008

Ce contenu est archivé.

La Citadelle, le mercredi 4 juin 2008

Quel plaisir de vous accueillir à la Citadelle. Située sur le Cap Diamant, à l’endroit où le majestueux fleuve Saint-Laurent se rétrécit, comme le rappelle la signification amérindienne du mot Québec, cette fortification militaire est la seule qui demeure intacte en Amérique du Nord.

C’est un lieu riche de notre patrimoine collectif et un joyau de cette ville magnifique dont nous célébrons le 400e anniversaire.

Quatre cents ans.

Quatre cents ans de présence vive et continue.

Quatre cents ans d’enracinement.

L’histoire de la langue et de la culture françaises en Amérique en est une de résistance, pour ne pas dire d’entêtement.

Et je crois que cette langue et cette culture, partout où elles se sont épanouies, constituent plus que jamais un rempart contre l’uniformisation qui guette notre monde.

Qu’on ne s’y trompe pas : cette appartenance linguistique que nous avons en commun n’est pas et ne saurait être un repli; elle se doit, au contraire, d’être une ouverture. Car la langue est avant tout un espace de rencontre, de solidarité et de célébration.

La langue est une façon unique de comprendre et d’interpréter le monde. En ce sens, la francophonie n’est pas une vue de l’esprit, mais bien une alliance de l’esprit. Et j’ajouterais, une alliance de cœur.

La francophonie, c’est vous et moi, qui croyons en son importance, en sa vitalité et qui avons à cœur de la voir rayonner ici et partout dans le monde.

C’est tous ceux et celles qui ont la langue française en partage et le désir de la parler, de l’écrire, de la chanter, de la propager et de l’enrichir d’une multitude de points de vue sur le monde.

Je suis heureuse que le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec soit pour nous toutes et tous, sœurs et frères de langue et de culture, l’occasion de réfléchir à la francophonie en tant que terreau fertile aux idées, à la création et à la solidarité entre les peuples.

Mon mari et moi voulions ouvrir grandes les portes de l’institution que nous représentons à la réflexion, au dialogue et au partage. Ce Point des arts s’inscrit dans cette perspective, et nous sommes impatients de vous entendre.