Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean Discours à l’occasion du Point des arts tenu dans la foulée du High Performance Rodeo

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Calgary, le samedi 19 janvier 2008

Bonjour et bienvenue à ce Point des arts, conçu comme un espace de dialogue et de réflexion.

Mon mari, Jean–Daniel Lafond, et moi-même sommes ravis d’accueillir des artistes, des mécènes, des entrepreneurs, des décideurs et des citoyens de Calgary qui s’interrogent sur la place que tiennent les arts et la culture dans le développement d’une ville en plein essor.

De tout temps, les arts et la culture ont exercé un pouvoir d’attraction extraordinaire.

La culture est une façon pour les peuples et les civilisations de se représenter, de laisser derrière elles des signes, des traces qu’il nous reste à déchiffrer pour comprendre leur vision du monde.

La culture est un trésor. Un trésor qui traverse les âges et qui finit par être sans âge. D’ailleurs, rien ne résiste mieux au temps que les œuvres d’art.

On ne peut nier que la culture est une richesse collective, une ressource précieuse.

Bien sûr, il y a l’or jaune, l’or blanc, l’or noir, mais que serait Calgary sans son One Yellow Rabbit?

Sans son High Performance Rodeo et son magnifique EPCOR Centre où nous sommes réunis aujourd’hui?

Sans son École de théâtre, son Musée Glenbow, son Heritage Park, son Festival international du film?

Sans l’effervescence de sa production culturelle et de sa communauté artistique?

Je dirais même que serait Calgary sans sa communauté francophone, qui l’enrichit d’une perspective et d’une culture uniques?

Enlevez tout ça, et que reste-t-il?

Je dirais que Calgary perdrait, à coup sûr, une part son charme, pour ne pas dire de son âme.

J’ajouterais que, sans le travail de nos artistes, qui sont la matière première de la culture, nos vies et nos collectivités seraient appauvries et d’une infinie tristesse, en manque d’âme justement, ou de vision si vous préférez.

L’art ne se mesure pas qu’en termes de côtes d’écoute, de côtes en bourse, de taux de fréquentation et de rentabilité.

Considérer l’art simplement comme une valeur marchande, c’est le réduire au plus petit dénominateur commun, ce qui conduit tout droit, à mon sens, à l’émergence d’une culture unique, d’une pensée unique.

Une ville a d’autant plus d’intérêt à mes yeux lorsqu’elle offre une diversité de points de vue, d’expériences culturelles et artistiques, lorsqu’elle fait place à l’audace et à l’innovation.

Et Calgary est certainement, grâce à des gens comme vous, de cette trempe-là.

Je suis ici impatiente de vous entendre parler de la manière dont vous transformez votre richesse économique en richesse culturelle.

Merci d’être là aujourd’hui. À toi Jean-Daniel…