Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion du lancement de la campagne du coquelicot

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Rideau Hall, le jeudi 23 octobre 2008

Il y a quatre-vingt-dix ans, le monde entier déclarait qu’il en avait fini avec la guerre.

En Flandres, là où les bombes sont tombées, là où les soldats ont été enterrés, là où des croix blanches ont été plantées à perte de vue, des coquelicots sauvages ont poussé et se sont répandus en abondance.

Sur ces terres meurtries, où les tranchées ont laissé des cicatrices, la vie a repris ses droits.

Comme pour dire à la face du destin que les forces de la création l’emporteront toujours sur les forces de la destruction.

Comme pour dire que les pires atrocités n’auront jamais raison de la beauté du monde.

C’est cet espoir-là qui a jailli de la plume du docteur John McCrae lorsqu’il a écrit, dans son poème désormais célèbre Au champ d’honneur, « (…) à vous jeunes désabusés, à vous de porter l’oriflamme et de garder au fond de l’âme le goût de vivre en liberté. »

C’est cet espoir-là qui a poussé et qui pousse encore des milliers de jeunes à tout laisser derrière eux, familles et amis, pour venir en aide à des femmes, à des hommes et à des enfants qu’ils ne connaissaient même pas, pour les délivrer du joug de l’oppression.

Et c’est cet espoir-là que nous propageons autour de nous lorsque nous épinglons le coquelicot à notre boutonnière.

Par ce geste, nous disons que jamais nous n’oublierons.

Jamais nous n’oublierons combien est grand le don de toutes ces vies sacrifiées.

Jamais nous n’oublierons combien est précieux leur combat pour la liberté.

Jamais nous n’oublierons combien est fragile cette liberté si chèrement acquise.

Je lance aujourd’hui la campagne du coquelicot comme on sème les promesses d’un monde meilleur.

Et j’invite toutes les Canadiennes et tous les Canadiens à porter cet emblème contre leur cœur et à ainsi faire fleurir des champs de coquelicots dans les collectivités de partout au pays.

Merci.