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La Citadelle, le lundi 2 juin 2008
Sachez que c’est un plaisir de vous accueillir ici à la Citadelle, la résidence officielle du gouverneur général du Canada.
J’ai voulu dès mon entrée en fonction donner un espace de parole et de reconnaissance à la jeunesse et aux initiatives citoyennes des jeunes de ce vaste pays.
Et cela ne va pas sans élargir leurs réseaux d’action et de réflexion et de découverte. J’ai multiplié les occasions de rencontres et de dialogue avec des jeunes canadiennes et canadiens au gré de mes traversées du pays, de ses 13 provinces et territoires d’un océan à l’autre. Je les ai vus à l’œuvre également au fil de mes déplacements à l’étranger dans 5 pays d’Afrique mais également en Amérique latine et tout récemment en France.
Alors que cette année marque le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, et je me réjouis d’entamer les festivités en votre compagnie, vous les membres du Conseil international des organisations de jeunes de la Francophonie.
Je profite de l’occasion pour saluer l’engagement pris par l’Organisation internationale de la Francophonie auprès de la jeunesse.
Alors, d’où vient mon intérêt pour la jeunesse? Examinez les grands événements de l’histoire, les moments charnières, l’émergence d’idées nouvelles qui nous ont permis de repenser le monde, de susciter un débat constructif, de nourrir le dialogue, de resserrer nos liens, de jeter des ponts par-delà les frontières et d’aller de l’avant.
Voyez à quel point les jeunes y jouent un rôle central, pour ne pas dire capital. Les jeunes ont souvent été des agents de changement. On les retrouve au cœur de tous les combats pour la justice, l’égalité, la liberté et de tous les efforts pour dénoncer la pauvreté et vaincre la tyrannie. Bien sûr, il s’est trouvé des esprits malfaisants et aujourd’hui encore pour exploiter leur désir d’agir, de bâtir, de refaire le monde. Mais je pense à cette jeunesse déterminée à faire triompher les forces de création, des forces de destructions.
Encore aujourd’hui, partout où la route me conduit, je constate que vous, les jeunes, n’avez pas froid aux yeux. Je trouve important d’encourager et de faire reconnaître les solutions novatrices que vous proposez en vue de relever les défis de l’heure.
Vous êtes nombreux à agir pour enrayer la faim, promouvoir l’égalité des sexes, combattre le VIH/sida ou protéger l’environnement. Ce qui prouve une fois de plus que les jeunes jouent un rôle clé dans le partenariat mondial pour le développement.
Vous innovez également lorsqu’il s’agit d’utiliser les nouvelles technologies de l’information pour aller au-delà des différences et élargir les réseaux d’action, d’entraide et de solidarité.
Je vous vois à l’œuvre chez nous, au Canada, et ailleurs dans le monde. Votre compassion et votre engagement à bâtir un monde meilleur et plus juste me touchent profondément et j’y crois. Je crois aux forces vives que vous représentez non pas seulement pour construire l’avenir, mais pour bâtir le présent, ici, maintenant, chaque jour.
C’est la raison pour laquelle j’ai fais des jeunes ma priorité à titre de gouverneur général du Canada. Et dès le début de mon mandat, je me suis posé les questions suivantes :
Comment je pourrais-je rapprocher l’institution que je représente des jeunes et de leurs préoccupations?
Comment pourrais-je m’assurer qu’elle ait un sens pour eux?
Comment pourrais-je en faire un espace d’écoute où leurs voix seraient entendues et leurs points de vue, pris au sérieux?
C’est alors que m’est venue l’idée de poser ces questions aux principaux intéressés, c’est-à-dire les jeunes eux-mêmes!
La première année et demie de mon mandat, et tout au long des périples officiels que j’ai effectués partout au Canada, je me suis fait un devoir de rencontrer des jeunes, dans les villes comme dans les plus petites communautés, certaines très isolées, afin de savoir comment je pouvais les accompagner, faire reconnaître leurs initiatives et faire entendre leurs préoccupations comme leurs aspirations.
Deux suggestions se sont dégagées de nos discussions. Les jeunes m’ont dit :
« Nous voulons avoir un espace d’expression, nous voulons être entendus et élargir nos réseaux à l’échelle du pays où nous pourrions faire valoir nos perspectives sur les enjeux de l’heure. »
« Nous voulons aussi avoir davantage d’occasions d’échange à l’échelle internationale, afin de promouvoir la solidarité et la coopération entre les peuples. »
J’étais entièrement d’accord avec eux. Car j’estime qu’il est primordial que l’on entende ce que vous, les jeunes, avez à dire, et qu’on vous encourage à créer des ponts et des occasions de dialogue pour aller au bout de vos aspirations. Le dialogue n’adviendra que par la jeunesse. Il faut que l’on reconnaisse la valeur profonde de vos idées et votre volonté d’apporter votre contribution à l’ensemble de la société et, par le fait même, à « l’humanisation de l’humanité », comme aimait à le rappeler Aimé Césaire.
Et je le répète, il faut que ces gestes constructifs que vous posez fassent partie des solutions mises de l’avant pour relever non seulement les défis de l’avenir, mais ceux qui se posent à nos sociétés à l’heure actuelle.
Lorsque plusieurs d’entre vous me confiez votre sentiment de ne pas être pris au sérieux, je réponds qu’on ne peut se priver de votre créativité, de votre audace, de votre capacité de réinventer et de ramener l’espoir là ou les solitudes se multiplient.
Surtout en cette époque où tant de gens sont attirés par l’appât du gain et se cantonnent dans le chacun pour soi, chacun pour son clan, nous avons besoin que vous nous prouviez qu’il peut-en être autrement. Nous avons besoin de votre message d’espoir et de solidarité. Il nous faut cette boussole qui nous aide à trouver notre voie et à en tracer de nouvelles, pour le mieux-être de l’humanité.
C’est dans cette perspective que j’ai décidé de lancer les Dialogues jeunesse de la gouverneure générale.
Afin d’offrir aux jeunes canadiennes et canadiens un espace public où ils peuvent non seulement exprimer leurs préoccupations et faire valoir leurs aspirations, mais rejoindre les décideurs.
À l’occasion du 250e anniversaire de la naissance de la démocratie parlementaire au Canada, nous mettons l’accent sur la contribution des jeunes à la démocratie, tant au Canada qu’à l’étranger.
D’ailleurs, j’ai le plaisir de vous annoncer que je serai la présidente d’honneur du 4e Congrès mondial des jeunes qui aura lieu cet été à Québec.
Cet événement sera pour nous l’occasion de saluer votre engagement, de vous encourager à poursuivre vos efforts en vue de faire entendre votre voix et de faire faire bouger les choses.
Aujourd’hui, à la Citadelle, nous entamerons cette discussion en abordant, justement, les questions de la jeunesse, du changement social et de la démocratie.
Je veux savoir quels sont les défis auxquels vous êtes confrontés, vous qui êtes des leaders dans vos pays respectifs.
Je veux savoir quels moyens vous prenez pour améliorer le sort de vos collectivités.
Je veux savoir s’il existe des barrières qui limitent votre capacité de faire entendre votre point de vue, dans votre pays et au-delà de ses frontières.
Et je veux savoir comment vous, les jeunes de la Francophonie, faites en sorte que les jeunes se taillent une place sur la scène internationale.
Je suis impatiente de vous entendre.
Sans plus tarder, à vous la parole.
