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Richmond Hill, le jeudi 2 octobre 2008
Comment ça va?
Laissez-moi vous regarder.
Comme vous êtes beaux.
Merci pour tous ces beaux sourires et tous ces yeux lumineux.
Êtes-vous toujours aussi sages?
Je suis contente d’être ici et de vous rencontrer dans cette très belle école.
Je me souviens avec bonheur de mes premières années d’école. Mon école à moi, elle était à la maison. C’est ma mère, ma mère qui était enseignante, qui l’a fondée.
Elle l’avait appelé « Le Bocage ». C’est joli ce mot, le bocage. Vous savez ce que ça veut dire « bocage »? C’est un jardin, mais un jardin de grands arbres, comme un parc.
Ma maman a appelé son école « Le Bocage » parce qu’elle trouvait que le savoir, la connaissance, ça se cultive comme des fleurs et des plantes, et que ça porte fruits.
Et elle avait raison, ma maman, de croire qu’apprendre, c’est comme faire son jardin.
Ici, vous apprenez à lire, à écrire, à compter. Vous apprenez à vivre ensemble aussi. Vous découvrez combien le monde est vaste, immense et riche de possibilités.
C’est ça, l’éducation. C’est apprendre des choses nouvelles.
Plus vous saurez de choses, plus il y aura de fleurs et d’arbres dans votre jardin.
Je suis la maman d’une petite fille de neuf ans qui s’appelle Marie-Éden.
Marie-Éden est née comme moi dans le pays le plus pauvre des Amériques, Haïti.
Peut-être y en a-t-il parmi vous qui, comme Marie-Éden et moi, sont nés dans un autre pays que le Canada?
Sur cette île du Sud d’où nous venons, ma fille et moi, comme dans beaucoup de pays sur la Terre, les enfants n’ont pas tous la chance d’aller à l’école. Soit parce qu’il n’y a pas d’école, soit parce que, tout petits déjà, on les envoie travailler aux champs. On demande aux filles de prendre soin des plus petits ou de faire le ménage.
Dans certaines régions du monde, c’est la guerre qui empêche les enfants d’aller à l’école en toute sécurité.
Il arrive aussi que l’on refuse aux filles le droit d’y aller et de s’instruire comme les garçons.
Et pour ces enfants, aller à l’école, c’est un rêve qu’ils ne peuvent pas réaliser.
Alors chaque matin, lorsque vous marchez jusqu’ici, que vous prenez l’autobus ou que vous vous faites reconduire par vos parents, ayez une pensée pour ces enfants qui n’ont pas la chance que vous avez.
C’est une grande chance.
Je veux que vous profitiez pleinement de cette chance que d’autres n’ont pas. Et que vous sachiez de quel trésor vous disposez.
Je vais vous demander d’applaudir chaleureusement vos directeurs et vos professeurs qui vous aiment et qui veulent vous apprendre toutes sortes de choses.
Il faut leur dire souvent que vous les aimez aussi et reconnaître qu’ils travaillent très fort pour vous.
Vous savez, c’est extraordinaire ce que vous faites, apprendre le français. Cela vous permet de communiquer avec plus de gens, non seulement au Canada mais ailleurs dans le monde. C’est bon pour vous et c’est bon pour le Canada.
Je parle plusieurs langues moi aussi.
Savez-vous comment on dit « bonjour » en créole? En italien? En espagnol?
Peut-être que certains d’entre vous parlez aussi d’autres langues, en plus du français et de l’anglais?
C’est génial de pouvoir comprendre et parler beaucoup de langues, n’est-ce pas?
C’est comme si notre esprit et notre cœur s’ouvraient, qu’ils devenaient de plus en plus grands.
Approchez. J’ai un secret à vous dire.
Cette école porte mon nom, mais elle est à vous.
C’est votre école. C’est un endroit très spécial où c’est amusant d’apprendre, de rêver ! C’est à vous.
Et retenez bien ceci : quand vous apprenez quelque chose de neuf, c’est comme si vous ajoutiez une fleur à votre jardin.
Merci de m’avoir accueillie avec autant de chaleur, avec tous vos sourires, et sachez que je compte bien revenir vous voir et vous écouter me raconter tout ce qui se passe de bon et de merveilleux dans votre école.
Je vous aime.
