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La Rochelle, le jeudi 8 mai 2008
Nous voici, en ce lieu magnifiquement chargé d’histoire et en cette année qui marque le quatre centième anniversaire de la fondation de la ville de Québec, face à cet océan où des explorateurs de la trempe de Samuel de Champlain ont tracé les premières routes maritimes qui nous unissent aujourd’hui.
De La Rochelle sont partis nombre d’aventuriers vers le Canada où les accueillirent les Premières Nations d’Amérique. Ces peuples amérindiens sont nos racines les plus profondes en ce continent que l’on disait alors nouveau.
Nous, de part et d’autre de l’Atlantique, sommes ici aujourd’hui sur les lieux mêmes où commença la grande aventure française dans les Amériques. Ce lieu magnifiquement chargé d’histoire.
Comme il était émouvant de saluer tous ces bateaux, le Belem en tête, que l’on a pu admirer tout à l’heure lors de la parade nautique, et qui s’apprêtent à revivre en mettant le cap sur Québec, pour commémorer cette page décisive de cette histoire qui nous est commune, qui nous rassemble, qui nous inspire.
C’est avec émotion et reconnaissance que nous pouvons imaginer le tohu-bohu de l’appareillage à La Rochelle qui, dès le XIIIe siècle, était un haut lieu de l’activité maritime, à un point tel que le poète Richard le Poitevin la comparait à « une nouvelle Tyr orgueilleuse », avant que de devenir par la suite le grand port d’embarquement pour le Canada.
Nous pouvons imaginer la Tour de la Chaîne s’éloigner au fur et à mesure que les bateaux gagnent le large et que l’esprit d’aventure, comme l’océan parfois, se déchaîne, si vous me permettez l’expression.
Quelle épopée fabuleuse que celle de ces premières traversées et de ces « nouveaux commencements » en terre d’Amérique, pour reprendre la formule du Père le Jeune, lors de la mort de Samuel de Champlain à Québec.
Et cette idée de transformer l’un des dispositifs fortifiés à l’entrée du vieux port de La Rochelle en un lieu qui accueillera désormais une exposition permanente dédiée à la mémoire des migrants français partis vers Québec et la Nouvelle France est lumineuse.
De cette même lumière que celle que jettent les phares de la mémoire dans la nuit des océans pour guider les navires à bon port.
La coïncidence est heureuse que de l’autre côté de l’Atlantique, à Québec, nous ayons aussi restauré l’une des premières fortifications du Régime français en Amérique, la Redoute du Cap-aux-Diamants, pour accueillir le Grand Livre de Champlain, offert aujourd’hui même au peuple canadien par les villes de La Rochelle, de Rochefort et de la communauté d’agglomération de Royan Atlantique.
Autant de signes d’amitié et, j’oserais dire, de solidarité, en cette année toute spéciale, où les citoyennes et les citoyens des deux rives de l’Atlantique, se réjouissent que l’esprit d’aventure des pionnières et des pionniers ait connu d’aussi riches prolongements qui font de nous aujourd’hui des sœurs et des frères de langue et de culture.
Longue vie au legs de ces femmes, de ces hommes et à cet esprit d’aventure, que cette formidable exposition à la tour de la Chaîne contribue à rappeler, à raviver, à réinventer, pour les générations à venir.
Merci mille fois de votre accueil si chaleureux et d’être si nombreux à ce rendez-vous avec l’histoire, la vôtre et la nôtre, celle qui nous unit à jamais.
