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Toronto, le mercredi 1er octobre 2008
La vie nous met parfois à l’épreuve.
Des événements comme la maladie, la perte d’un emploi, une catastrophe naturelle, l’exil, la séparation, la solitude font que nous avons parfois besoin d’une main secourable, d’une oreille attentive, d’une parole juste, d’un repas chaud ou d’un toit.
Personne n’est à l’abri de ces défis que la vie nous réserve.
Même si nous avons tendance à les oublier lorsque tout va bien.
Du seul fait de notre appartenance à l’humanité, nous avons pourtant la responsabilité de reconnaître nos fragilités et de prendre soin les uns des autres.
L’entraide n’a rien à voir avec le profit.
Rien à voir avec l’apparat.
Rien à voir avec l’obligation.
L’entraide, c’est un mouvement du cœur.
Un élan vers l’Autre qui prend sa force dans la conviction profonde que la vie est précieuse et dans une volonté ferme de contribuer au mieux-être du monde.
Ce mouvement, cet élan, sont loin d’être à sens unique.
Dans le mot entraide, il y a l’idée de réciprocité.
Selon moi, on mesure la véritable force de l’entraide à la façon dont elle transforme la vie de celui ou de celle qui aide, autant que de celui ou de celle qui est aidé.
Voilà pourquoi tendre la main aux autres est pour moi le geste le plus prometteur.
C’est ainsi que l’espoir se propage de cœur en cœur, qu’il s’insinue au quotidien dans nos vies et qu’il finit par vaincre le sentiment d’impuissance qui conduit à la détresse et à l’indifférence.
C’est par l’entraide que nous vaincrons la haine, l’exclusion, le défaitisme du « chacun pour soi, chacun pour son clan ». C’est par l’entraide que nous trouverons d’autres façons de vivre en société.
Des façons plus justes.
Des façons plus solidaires.
Des façons plus humaines.
Les quatorze personnes qui reçoivent ce matin le Prix pour l’entraide incarnent cette promesse d’espoir.
Vous avez en commun la détermination d’agir pour le bien collectif, et vous rendre hommage est pour moi un immense bonheur.
En faisant don de votre temps, de vos talents et de vos ressources, en faisant preuve d’ouverture aux autres et de compassion à l’égard de vos semblables, vous nous donnez une leçon d’humanité.
Vous êtes des modèles d’engagement pour nous tous et pour les générations qui marchent dans vos pas et qui cherchent aussi à manifester leur volonté de partage.
Merci à chacune et à chacun de vous qui, comme j’aime à le répéter, nous montrez qu’il faut avoir le cœur à l’échelle de ce pays, c’est-à-dire grand et inépuisable.
