Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion de la présentation officielle des emblèmes héraldiques de la Cour fédérale

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Rideau Hall, le vendredi 24 octobre 2008

Quel plaisir de vous accueillir à Rideau Hall pour la présentation officielle des emblèmes héraldiques de la Cour fédérale.

Le 2 juillet 2003, la Cour fédérale est devenue un tribunal distinct de la Cour d’appel fédérale. Cette décision a entraîné une profonde réflexion sur le mandat, le rôle et l’identité de cette nouvelle entité juridique.

Ces armoiries, ce drapeau, ces insignes sont le fruit de cette réflexion. Il s’agit de la représentation héraldique d’une institution qui plonge ses racines dans notre système démocratique, fondé sur la primauté du droit, tout en étant en perpétuelle évolution, à l’image de la société qu’elle représente.

Je crois savoir que le juge O’Reilly nous parlera plus en détails de la signification de chacun des éléments.

Lorsque j’ai été nommée gouverneure générale du Canada il y a trois ans, j’ai eu le privilège de créer mes armoiries personnelles étant aussi, de par ma fonction, le chef de l’Autorité héraldique du Canada.

Cette année, mon mari, Jean-Daniel Lafond, a lui aussi conçu ses armoiries que j’ai découvertes cet été.

Pour lui comme pour moi, ce fut une expérience unique, émouvante, inoubliable.

Comme si nous prenions conscience de façon encore plus profonde que nous nous inscrivons dans le temps, dans une tradition que nous sommes appelés à perpétuer de façon singulière.

C’est un exercice qu’on ne peut prendre à la légère et qui nécessite qu’on s’y investisse totalement. Car pour choisir les éléments d’un emblème, quel qu’il soit, des questions fondamentales se posent.

Des questions auxquelles les représentantes et représentants de la Cour fédérale qui ont participé au processus de création des emblèmes héraldiques ont dû répondre eux aussi.

Qui sommes-nous?

Comment traduire en symboles nos racines, notre histoire, nos valeurs, notre vision?

Comment faire en sorte que le message projeté soit à la fois percutant et évocateur?

Comment exprimer ce qui constitue l’essence de notre famille, de notre institution ou de notre société et la place que nous y tenons?

Comment, enfin, réussir cet exploit en respectant les règles du blason puisque rien, au sein d’une armoirie, n’est laissé au hasard et que chaque couleur et figure portent le message qu’on choisit de leur donner?

Comme vous, mon mari et moi avons pu compter, pour nous venir en aide, sur les hérauts d’armes du Canada, dont je salue aujourd’hui le travail, l’engagement et la passion.

Claire Boudreau, héraut d’armes à la tête de l’Autorité héraldique du Canada et actuellement la seule femme au monde à occuper ce poste, a utilisé l’autre jour une très belle expression. Elle disait des emblèmes héraldiques qu’il faut « les laisser vieillir ».

Laissons donc vieillir ces nouveaux emblèmes qui vous représentent, et leur sens ne fera que s’accroître avec le temps.

Souhaitons que leur usage multiplie leur puissance d’évocation et fasse en sorte qu’ils s’inscrivent parmi les grands symboles de la justice canadienne, comme ce fut le cas, par exemple, pour les armoiries concédées à la Cour supérieur de justice, à la Cour d’appel des cours martiales du Canada et à l’Association du barreau canadien.

C’est un grand moment d’émotion que nous vivons aujourd’hui, et je suis très heureuse d’en être témoin.

Je vous remercie.