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La Citadelle, le samedi 13 septembre 2008
C’est un grand jour pour le 1er Bataillon du Royal 22e Régiment.
Nous voici réunis aujourd’hui sur le champ de parade de la Citadelle, non loin de l’endroit où repose l’un de mes prédécesseurs et l’un des pères de votre régiment, le général Georges Vanier, pour remettre et bénir vos nouveaux drapeaux.
Vous êtes les fiers descendants de tous les soldats qui ont servi dans le Royal 22e Régiment et pour lesquels le général Vanier avait tant d’estime et d’admiration.
Alors qu’il était gouverneur général, Georges Vanier profitait de toutes les occasions pour revenir à la Citadelle, parce qu’il avait exercé ici son premier commandement.
On prétend qu’il portait presque toujours la cravate régimentaire, signe de son attachement au Royal 22e Régiment.
Écoutez ce grand homme et voyez comme ses paroles sont toujours d’une actualité remarquable.
Le général aimait penser que « la vie militaire, faite de discipline et de camaraderie, forme les hommes à la vie civile en leur inculquant l’esprit civique qui en est l’ossature. Ne mésestimons pas l’apport du militaire en tant que citoyen ».
C’est cet apport à la vie citoyenne, cet apport à la société que Georges Vanier évoquait avec conviction, que nous célébrons aujourd’hui à l’occasion de cette cérémonie.
La fierté et le respect que vous inspirent vos drapeaux, vos camarades, votre bataillon, votre régiment, n’ont d’égal que la fierté et le respect que nous inspirent votre engagement et votre volonté de servir votre pays en français.
Au nom d’un idéal de justice et de démocratie, vous êtes prêts à consentir à tous les sacrifices, à surmonter toutes les difficultés, à relever tous les défis, y compris celui de vous rendre dans des régions difficiles du monde où il est impérieux de construire et de maintenir la paix.
J’avoue que votre feuille de route est impressionnante.
Né dans la foulée de la Guerre de Corée, votre bataillon, le 1er Bataillon du Royal 22e Régiment, a servi à maintes reprises sous la bannière de l’OTAN et des Nations unies, notamment en Allemagne, à Chypre, dans le Golfe Persique, en ex-Yougoslavie, en Haïti et en Bosnie-Herzégovine.
Plus près de nous, les gens de Montréal et de la Montérégie ne sont pas prêts d’oublier l’appui que vous leur avez apporté, il y a dix ans, lors de la pire tempête de verglas que la région ait connue.
Dix ans plus tard, c’est à la population afghane que vous prêtez main-forte en vue de rétablir la sécurité dans un pays affligé par des décennies d’oppression et de violence.
Souhaitons que vos efforts ravivent l’espoir de stabilité, de justice et de prospérité là où, pendant trop longtemps, il n’y a eu que chaos, iniquité, violence et ruines.
L’histoire d’un bataillon est jalonnée de hauts faits et d’exploits, mais aussi de sacrifices et de pertes.
N’oublions pas tous les militaires, hommes et femmes, qui ont fait l’ultime sacrifice, hier comme aujourd’hui, pour que des populations soient secourues et puissent s’épanouir sans contraintes, dans le respect de leurs droits, de leurs libertés et de leur dignité.
Pensons également aux familles de ces militaires qui les ont appuyés jusqu’au bout, sachant le péril auquel ils étaient exposés.
Je n’oublie jamais vos familles et vos proches.
Que cette tradition que nous perpétuons aujourd’hui soit un hommage à votre conviction.
Qu’elle soit un hommage à votre sens du devoir.
Qu’elle soit un hommage à votre solidarité, cet esprit de corps incomparable qui fait la force de votre bataillon et que vos drapeaux, emblèmes de ralliement, symbolisent avec éclat.
Et que cette tradition, ces valeurs que nous célébrons aujourd’hui, soient pour votre commandante en chef l’occasion de vous dire à quel point je suis fière de vous.
Merci.
