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Point des arts sur l’art politique
Prague, le mardi 2 décembre 2008
Mon mari, Jean-Daniel Lafond, et moi sommes ravis d’être parmi vous ce soir, à l’occasion de la tenue du tout premier forum du Point des arts en République tchèque.
Je dois avouer que je me sens chez moi ici, au Centre d’art contemporain Dox.
Car son objectif de repousser les frontières de l’art afin d’établir de nouveaux liens entre la communauté artistique et la société en général correspond tout à fait aux fondements philosophiques de la série des forums du Point des arts.
Lorsque nous avons inauguré ce projet Art Matters/Point des arts, il y a deux ans — une initiative de mon mari et moi — nous y avons vu une excellente occasion d’engager les Canadiennes et les Canadiens dans une conversation nationale permettant d’approfondir la signification sociale de l’art, aussi bien en tant qu’éventail de pratiques créatrices qu’en tant que contribution au bien collectif.
Car à mon sens, il est impossible de parvenir à l’harmonie entre les peuples, que ce soit à l’échelle locale ou mondiale, sans l’art.
Pourquoi?
Parce que j’ai vu de mes propres yeux comment la langue universelle de la culture peut créer un dialogue entre les civilisations.
Hier après-midi, justement, durant ma visite au Musée de la culture rom, à Brno, j’ai été fière d’apprendre qu’une prestation faite à l’improviste et sous la pluie, à la porte du centre communautaire, par l’un de nos délégués, Jordan Croucher, ce jeune artiste canadien, a attiré autour de lui des dizaines d’enfants et d’adolescents roms dans une émouvante célébration de danses et de chants roms tziganes et afro-canadiens.
Malgré la différence de la langue et de l’expérience historique, l’art a été, pendant ce court moment magique, si puissant, si sublime, si significatif, qu’un espace international de compréhension s’est créé sur le trottoir d’un des quartiers les plus pauvres de Brno.
C’était un espace qui a engendré organiquement une nouvelle relation qui lie maintenant nos deux pays.
Car, en ce moment même, Jordan est dans un studio à Prague, pour y enregistrer une chanson avec le jeune chanteur Rom de 15 ans qu’il a rencontré à Brno.
J’ai bon espoir que notre discussion d’aujourd’hui m’en apprendra davantage sur la manière dont vous utilisez l’art, en République tchèque, pour soulever d’importantes questions sociales et pouvoir identifier comment nos sociétés, notre monde, peut aller de l’avant sur la base de nos valeurs communes que sont la liberté, la démocratie et les droits de la personne.
Merci.
