Ce contenu est archivé.
Le 25 août 2007
Comment ça va? Quelle soirée magnifique!
C’est un plaisir pour moi de me joindre à vous afin de vous rendre hommage, vous les résidants du quartier Saint‑Michel et du tout Montréal. C’est bon d’être à Montréal.
L’atmosphère de convivialité qui règne ici ce soir témoigne des liens de solidarité qui font la force de votre quartier.
Par vos efforts en vue d’aider les plus démunis; par votre volonté de donner aux jeunes les moyens de se faire entendre; par votre engagement à l’égard des arts, vous nous rappelez à quel point la solidarité et la compassion contribuent au mieux-être du monde et à l’humanisation de l’humanité.
Le sens de la responsabilité citoyenne se vit à l’inverse de l’indifférence, de l’individualisme et du chacun pour soi qui multiplient les solitudes et alimentent le désespoir.
Chaque geste compte. Il n’y a ni petite ni grande échelle. Chaque action est importante.
Cet esprit de solidarité et cette capacité d’entraide qui caractérisent les résidants de Saint-Michel sont aussi présents ailleurs. J’ai pu le constater ces deux derniers jours, au contact de toutes ces personnes engagées que j’ai eu le plaisir de rencontrer depuis mon arrivée à Montréal.
Hier, j’ai discuté pendant plus de deux heures avec de jeunes détenus et ex‑détenus qui participent au projet radiophonique Souverains Anonymes, à l’Établissement de détention de Montréal.
Vous savez, cette radio qui traverse les murs de la prison et qui porte jusqu’à nous la voix des détenus et de ceux qui ont connu la vie en milieu carcéral.
Nous avons parlé de leurs rêves, de leurs aspirations, de leur désir profond de réintégrer la société, et de leurs efforts pour y parvenir.
L’étincelle d’espoir qui brillait dans leurs yeux et leur volonté de « changer leur vie pour le mieux » m’ont touchée et ont renforcé ma certitude selon laquelle il n’est jamais trop tard.
Une seconde chance, c’est l’occasion de transformer une situation difficile en possibilités d’épanouissement et de changement. Et je crois en leur capacité de saisir cette seconde chance. Il faut toujours se dire que rien n’est jamais fini.
Plus tôt cet après-midi, dans Côte‑des‑Neiges, j’ai aussi rencontré des dizaines de jeunes en provenance de huit quartiers de Montréal.
Ils sont venus me dire que les arts urbains constituent un outil efficace pour se mobiliser, prendre la parole, réfléchir sur le phénomène des gangs de rue, des jeunes exclus ou que les circonstances rendent plus vulnérables, et améliorer les conditions de vie dans leur quartier.
J’ai été fascinée par leurs réalisations extraordinaires.
J’ai été frappée de constater à quel point les jeunes ont soif de se dire, d’être entendus et de faire partie des solutions.
J’ai été émue par leur engagement à travailler ensemble, joindre leurs efforts pour mieux vivre ensemble.
Cette activité s’inscrivait dans une démarche que j’ai entreprise à l’échelle du Canada. Je veux savoir quels moyens prennent les jeunes, y compris ceux des communautés marginalisées, pour améliorer leur vie et celle de leur collectivité.
Et partout où je suis allée, dans toutes les grandes villes, de Vancouver à Halifax, en passant par Calgary et Toronto, comme dans les petites communautés et jusque dans l’Arctique — et je vous dirais même à l’étranger, au Brésil, en Haïti, en Afrique du Sud, au Mali, au Ghana et en Algérie —, j’ai tenu à rencontrer des jeunes. J’ai pris le temps pour bien saisir leurs perspectives et les gestes qu’ils posent.
Et j’ai été frappée de voir comment ils utilisent les arts comme moyen d’action et de transformation sociale.
Je retrouve ce même dynamisme et cette même audace, ici même, à la Tohu, où j’ai rencontré en début de soirée des représentantes et représentants de plusieurs organisations jeunesse de Saint-Michel.
Ils m’ont parlé de leurs efforts, très intéressants je dois dire, pour que le point de vue des jeunes et les solutions qu’ils proposent soient entendus. Ils m’ont aussi fait part de leur souci de contribuer à l’environnement et à l’embellissement de leur quartier.
J’aime et je suis fière de tous ces gestes citoyens que vous posez, vous, les jeunes de Saint-Michel.
Je vous aime et je suis fière de vous. Fière aussi de me retrouver parmi vous, pour la Falla, cette célébration lumineuse, ce rendez-vous annuel qui mobilise tout le quartier.
Le thème que vous avez choisi cette année, l’environnement, est inspirant.
Car l’environnement est une question vitale, et les jeunes sont des acteurs importants dans la recherche de solutions en la matière.
Ce que la nature nous rappelle par ses soubresauts et ses emportements, c’est que le chacun pour soi ne tient plus. Elle nous dit à hauts cris qu’il est temps de réinventer les liens qui nous unissent à elle, et les uns aux autres.
C’est pourquoi nous nous sentons interpellés par la superbe arche des Falleros.
Oui, nous sommes tous dans le même bateau. Nous réalisons qu’il faut à tout prix protéger les liens de solidarité qui sont le gage d’un monde plus juste et plus humain.
Pour protéger l’environnement, chacune de nos initiatives est importante. Et plus nous agissons ensemble, mieux nous y parviendrons.
Je le redis : Le chacun pour soi et pour son clan n’a plus sa place et nous conduit à l’impasse.
Il faut lutter contre l’indifférence et contre l’égoïsme, contre le repli sur soi.
Alors que nous nous apprêtons à célébrer à l’unisson la mise à feu de la Falla, réaffirmons notre volonté d’agir ensemble pour le mieux-être de la collectivité.
Je dis bravo, mille fois bravo, aux Falleros pour leur travail exemplaire, pour la somme des efforts qu’ils ont investi dans cette belle aventure.
Bravo à Caleb, Cherestal, Dudley, James, Paul, Nerlande, Reginald, Sandra et Steeve.
Je salue votre imagination qui n’a d’égal que le temps passé à concevoir cette œuvre grandiose.
Nous allons y mettre le feu ensemble, car c’est ça, la Falla : la fête de l’art de l’éphémère, mais aussi du renouveau.
Le défi que je vous lance est de renaître de ses cendres.
Tout est possible. Rien n’est impossible.
Messi anpil, et que la fête continue!
Merci Saint-Michel!
