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Calgary, le samedi 6 mai 2006
Mon mari, Jean-Daniel, et moi tenons à vous remercier, Monsieur le Maire, pour ce chaleureux accueil et plus particulièrement pour l’honneur d’avoir reçu de la Ville le chapeau blanc! Depuis notre arrivée, nous sommes épatés par la cordialité de votre accueil.
Hier, mon mari, Jean-Daniel, a participé à une discussion informelle sur l’engagement citoyen et les arts avec des gens du milieu cinématographique. Il s’est réjoui d’apprendre qu’ils œuvrent dans la plus grande collaboration et qu’ensemble, ils cherchent à élargir le rôle que jouent les arts dans notre société, celui de contribuer d’une manière essentielle à sa vitalité. Les artistes de votre ville provoquent, remettent en question les idées reçues et inspirent les gens. Ce sont des catalyseurs de changements positifs, vers une plus grande justice sociale.
Pendant que Jean-Daniel participait à cette rencontre avec des femmes et des hommes du milieu cinématographique, j’ai visité le hameau de Millarville en compagnie de notre fille, Marie-Éden. Nous avons été frappées par l’enthousiasme et l’attitude positive des enfants et des jeunes de l’école de cette magnifique collectivité albertaine. Ces élèves possèdent en effet un sens profond de l’engagement communautaire ainsi qu’une véritable connaissance et une sincère appréciation de leur patrimoine collectif. Ils prennent vraiment leur patrimoine au sérieux!
Chose certaine, c’est entre leurs mains et celles des jeunes de toutes les régions que repose l’avenir de notre pays. Je félicite donc la Province pour l’effort qu’elle investit dans le but de favoriser leur contribution à la création d’un monde meilleur.
Cela nous fait particulièrement plaisir d’être ici, à Calgary, pour célébrer avec vous la dernière journée de la Semaine de la jeunesse de votre ville.
Ayant moi-même fait des jeunes ma priorité suprême, j’apprécie au plus haut point le fait que vous reconnaissez l’importance du rôle qu’ils jouent dans notre société.
Comme tous les parents, je veux que ma fille, Marie-Éden, et tous les enfants de notre pays aient les moyens d’atteindre leur plein potentiel. Or, c’est à nous qu’incombe la tâche de leur ouvrir la voie. C’est pourquoi je veux m’assurer que les préoccupations des jeunes soient entendues, que leurs idées exercent une influence sur les nôtres, que leurs rêves puissent se réaliser. C’est ainsi que nous les aidons à comprendre et à respecter les droits et les responsabilités de la citoyenneté. Que nous leur donnons la capacité de vivre des vies qui ont un sens et qui sont satisfaisantes.
Aujourd’hui, je vais participer à une discussion avec des jeunes de milieux diversifiés qui font preuve d’un leadership extraordinaire dans leur manière de s’attaquer aux multiples problèmes auxquels font face les jeunes de cette ville. Nombreux sont-ils, chaque jour, qui, confrontés à des obstacles, deviennent désespérés, aliénés.
Or, ces jeunes ont réussi à surmonter ces difficultés et à s’établir comme des modèles d’engagement civique au sein de leurs communautés respectives.
Je suis impatiente de les entendre me faire part de leurs préoccupations, de les entendre me parler de leurs initiatives et de leurs idées sur la façon dont je peux les aider dans leurs projets.
Dans chaque collectivité du pays, nous pouvons constater notre négligence envers des jeunes, envers celles et ceux qui ont abandonné l’école, envers celles et ceux qui vivent dans la rue, envers celles et ceux qui sont en conflit avec la loi…
Ils se confrontent non seulement à l’autorité, mais les uns aux autres. Ils se rebellent même contre ce qui serait dans leur meilleur intérêt — et dans notre meilleur intérêt. Coincés dans un cycle destructeur, ils ont recours aux armes pour se faire entendre et aux drogues pour réprimer leur souffrance.
Quand j’étais journaliste, j’ai eu l’occasion de rencontrer des jeunes. C’est alors que je me suis rendu compte que bon nombre d’entre eux ont simplement abandonné tout espoir. Se sentant délaissés par leur famille, aliénés par l’école et marginalisés par la société, ils se tournent vers le crime organisé pour tenter d’y trouver le sens de la communauté et d’appartenance qui leur fait défaut. Les milieux de la criminalité savent profiter de cette occasion qui leur est offerte d’attirer à eux et d’exploiter les vulnérables et les exclus.
Nous ne devons pas rester indifférents à la détresse de ces jeunes. Agissons en mobilisant nos réseaux de réciprocité.
Je me réjouis énormément de l’occasion qui m’est donnée, depuis que je suis gouverneure générale, de rencontrer des jeunes qui, en dépit de maints obstacles, vivent conformément aux idéaux de citoyenneté les plus élevés. Lorsqu’on appuie et qu’on encourage des jeunes en difficulté, il est étonnant de voir dans quelle mesure ils peuvent dépasser nos attentes. Se tailler une place dans notre société. En créant pour eux des conditions propices à la découverte leurs propres talents, nous sommes tous gagnants.
La prospérité de l’Alberta permet la création de telles conditions, afin de s’assurer que personne ne soit laissé pour compte.
Je suis très impatiente de tenir ce dialogue que nous aurons ici, aujourd’hui. Je suis impatiente de vous entendre et d’apprendre comment je peux être un catalyseur de changement.
Merci.
