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Halifax, le vendredi 26 mai 2006
Je tiens tout d’abord à faire référence à votre code Dauphin pour vous dire sans tarder : code Dauphin 36 (Les sous-mariniers sont super.)
Je vous suis reconnaissante de m’avoir fait découvrir le monde fascinant qu’est l’environnement des sous-mariniers.
Je me souviens d’avoir lu, enfant, les romans de Jules Verne et d’avoir espéré, comme tant d’autres, avoir un jour l’occasion de me rendre vingt mille lieues sous les mers. Les sous-marins qui permettent d’explorer les profondeurs ne cessent de captiver notre imaginaire, tant celui des petits que celui des grands. Je dois dire que la visite de votre sous-marin est la réalisation d’un vieux rêve d’enfant.
Ce sont peut-être des notions romantiques, mais elles témoignent de l’intérêt que suscite votre métier.
Il faut dire que, pour les non-initiés, il est difficile d’imaginer les défis inhérents à l’opération de ces navires à bord desquels vous vivez pendant des mois à la fois.
Mais, étant née sur une île, dans un petit pays entouré d’eau de trois côtés, je comprends l’attirance et la puissance que peut avoir la mer. C’est pourquoi j’ai un énorme respect pour ceux d’entre vous que leur travail oblige à entretenir un rapport avec elle, même quand elle devient une menace.
Le travail que vous effectuez pour assurer l’intégrité territoriale, la surveillance des côtes et la mise en valeur de notre patrimoine aquatique est remarquable, et j’aimerais que les Canadiennes et les Canadiens le sachent davantage. Je tiens à vous en féliciter et à vous dire que votre ardeur à la tâche est une source d’inspiration pour l’ensemble de la population.
Il y a deux ans, lorsqu’un incendie à bord du Chicoutimi a immobilisé le navire au large des côtes de l’Irlande et que tant de sous-mariniers se sont retrouvés dans une situation précaire, j’ai éprouvé comme tous les Canadiens du pays l’horreur de ne pouvoir rien faire d’autre qu’espérer et prier pour qu’ils aient la vie sauve.
Nous avons tous été affligés d’apprendre que le Lieutenant Chris Saunders, suffoqué par la fumée, avait fini par succomber. Mais je sais que vous avez ressenti cette perte d’une façon beaucoup plus personnelle.
Vous déployez des efforts hors du commun afin de protéger et de promouvoir les valeurs que nous tenons trop souvent pour acquises. Votre dévouement vous amène à vivre, pendant des longues périodes, loin des êtres qui vous sont chers; vous mettez votre vie en péril en notre nom et vous prenez des risques dont personne n’a idée ici.
J’estime que nous vous devons une extrême reconnaissance, à vous-mêmes ainsi qu’à vos familles qui souffrent profondément de votre absence et de la solitude.
C’est donc avec une très grande fierté que j’agis à titre de votre commandante en chef. Lorsque je porte l’Ordre du mérite militaire en votre nom, c’est pour rappeler aux Canadiennes et aux Canadiens la valeur exceptionnelle du service que vous rendez pour le bien commun.
Je vous en remercie du fond du cœur. Et, surtout, code Dauphin 64 Alpha (Merci pour votre chaleureuse hospitalité).
