Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion d’une réception offerte par la Colombie-Britannique

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Turin, Italie, le samedi 25 février 2006

Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même sommes honorés de prendre à part à cette réception organisée par la province de la Colombie-Britannique. Hier, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec les représentants de Vancouver et de Whistler. Je dirais que leur enthousiasme à l’égard des Jeux de 2010 n’a d’égal que leur volonté indéfectible d’en assurer le succès, ce qui est un bon présage.

Pour ma part, j’envisageais avec beaucoup de joie ce voyage à Turin à l’occasion des XXe Jeux olympiques d’hiver de 2006.

D’abord, pour encourager les athlètes, parce qu’ils incarnent un idéal de dépassement de soi, de ténacité et de vitalité, le sens de l’effort de la discipline nécessaire. Ils sont des sources d’inspiration intarissables et des modèles positifs pour les jeunes qui les suivent avec tellement d’admiration.

Ensuite, l’idéal olympique rejoint les valeurs de partage et de solidarité qui sont pour moi primordiales. Le sport, que l’auteur français Jean Giraudoux appelait si justement «l’esperanto des races», transcende toutes les langues, toutes les frontières et tous les obstacles pour unir les peuples dans un esprit de fraternité, une grande complicité, au-delà de la compétition.

Je voudrais dire à nos amis italiens que j’ai une affection particulière pour l’Italie. J’en ai étudié la langue et la culture et j’y ai vécu pendant quelques années. Permettez-moi donc de dire que je suis ici dans un pays que je connais et que j’aime.

Du reste, nous Canadiens, nous nous sentons ici un peu comme chez nous, car nous sommes entourés par une chaîne de montagnes qui nous fait penser aux montagnes Rocheuses. Ce n’est pas un hasard si le nom « Torino » vient du mot celte « Tau » qui signifie montagne.

Certes, ces montagnes — à l’instar des Rocheuses — sont à la mesure du défi que le Canada aura à relever dans quatre ans. En 2010, ce sera à notre tour d’organiser le plus grand événement sportif, culturel, économique et médiatique du monde.

Nous n’aurions pu souhaiter un meilleur endroit que la Colombie-Britannique pour tenir les prochains Jeux : une province à l’image du Canada moderne.

On y retrouve la population autochtone la plus nombreuse après l’Ontario, une communauté francophone d’une vitalité remarquable et des communautés ethnoculturelles bien établies, en majorité originaires d’Asie.

Cette diversité culturelle, combinée à une géographie spectaculaire et à une économie prospère, confèrent à la Colombie-Britannique un dynamisme, un charme et une originalité qui ont pesé lourd dans la balance au moment de choisir la ville hôte des Jeux de 2010. Nous savons que Vancouver plaira aux visiteurs du monde entier.

Pour assurer le succès des Jeux, vous ne serez pas seuls, puisque ce sera un travail de collaboration. En effet, vous avez mis sur pied une équipe formée de représentants de trois niveaux de gouvernement — municipal, provincial et fédéral — et du secteur privé. Vous pourrez également mettre à profit l'expérience d'autres régions du Canada qui ont été les hôtes d'événements d'envergure de ce genre, particulièrement Calgary, où s'étaient déroulés les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques de l'hiver 1988. Je vous félicite tout spécialement pour votre intention de faire reconnaître davantage les Jeux paralympiques d'hiver en leur donnant une dimension nouvelle.

Dès le départ, vous avez pris le pari de toucher le cœur de tous les citoyens et citoyennes du Canada, et c’est tout à votre honneur. Une manifestation sportive comme celle-ci engendre des retombées considérables dont profiteront, je l’espère, plusieurs générations de Canadiens et de Canadiennes.

Déjà, l’Équipe Canada de 2006 tire avantage des programmes axés sur la haute performance crées en vue de l’accueil des Jeux d’hiver de 2010, comme Podium 2010. En effet, aux Jeux d’hiver de Turin, nos athlètes bénéficient d’un soutien élargi, allant d’un système d’analyse vidéo de pointe à l’accès à des experts en médecine, en technologie, en nutrition et en psychologie.

Imaginez maintenant les investissements que des Jeux de cette envergure attirent, l’expérience qu’ils procurent aux milliers de bénévoles, les installations de qualité qu’ils permettent d’offrir à nos athlètes de haut niveau, l’image qu’ils donnent du Canada, sans compter la solidarité qu’ils créent dans la communauté et l’espoir qu’ils sèment chez nos jeunes.

Je ne doute pas une seconde de la réussite des Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver-Whistler. Sachez que, à titre de gouverneure générale du Canada, je profiterai de toutes les occasions pour encourager vos efforts. Vous pouvez compter sur mon appui et celui de toute la population.

Que les Jeux d’hiver de 2006, à Turin, soient pour vous un lieu d’apprentissage, d’exploration et de célébration, un tremplin en vue des Jeux de 2010.

On se revoit en 2010 à Vancouver et à Whistler!

Merci!