Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion d’une réception offerte par l’Ambassade canadienne en Haïti

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Port-au-Prince, le lundi 15 mai 2006

Je suis profondément touchée par cette réception en l’honneur de ma première visite en Haïti à titre de gouverneure générale du Canada.

Si vous saviez combien je suis heureuse—et émue—de revenir dans le pays de mon enfance en ce moment décisif où celui-ci s’engage résolument dans la voie du changement et de l’espoir.

Permettez-moi d’abord, au nom du Canada, de féliciter le président Préval pour sa victoire convaincante aux dernières élections. Je me réjouis particulièrement que la population haïtienne ait été si nombreuse à exercer son droit de vote.

En effet, plus de 63 pour cent des citoyennes et des citoyens se sont rendus aux urnes, ce qui représente l’un des taux de participation les plus élevés dans l’histoire d’Haïti, et qui fait l’envie de plusieurs pays du monde. Voilà, certes, un signe de santé démocratique qui est de bon augure. J’aimerais exprimer au nouveau gouvernement tous mes vœux de succès, et je salue tous les élus ici dans cette salle.

À compter d’aujourd’hui, votre mission sera d’amener Haïti là où elle mérite d’être. Loin des affres de cette misère qui la ravage depuis si longtemps. Des injustices qui paralysent son développement. Le monde entier vous regarde assumer cette responsabilité et relever ce défi. Le monde entier veut vous voir mettre en œuvre la devise qu’Haïti a fait sienne dès son indépendance : c’est-à-dire que l’union fait la force, dans l’égalité et la fraternité sans lesquelles nulle liberté n’est possible. Montrez au monde que c’est possible.

Sachez que le Canada entend jouer un rôle de premier plan dans la reconstruction d’Haïti. Nous espérons favoriser notamment l’harmonie dans le pays, une saine gouvernance et la relance de l’économie.

L’aide à la population, dans des secteurs névralgiques comme la sécurité, la santé et l’éducation, de même que le respect des droits fondamentaux, nous tiennent également à cœur.

Forts de l’amitié indéfectible qui les unit, et qui est si manifeste ici ce soir, Haïti et le Canada vont continuer à travailler ensemble, je dirais même main dans la main,  pour le bien du plus grand nombre et en vue d’un avenir meilleur.

Après tout, le même espoir nous guide : celui de voir Haïti renaître enfin de la misère qui l’afflige depuis trop longtemps et reprendre la place qui lui revient dans la région des Caraïbes.

Je vous remercie chaleureusement de votre présence et de votre accueil inoubliable. À tous les fatalistes que je rencontrerai sur ma route, je dirai que j’ai confiance.