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Toronto, le mercredi 14 juin 2006
J’aimerais parler aujourd’hui du courage. Le courage dont a fait preuve l’archevêque Oscar Romero, lorsqu’il a pris la décision fatale de prendre position pour les pauvres du Salvador victimes d’oppression.
J’aimerais également parler de l’espoir. L’espoir, cet élément essentiel du message de l’archevêque Romero. L’espoir qu’il a offert à celles et à ceux qu’il servait, un message dont l’écho résonne jusqu’à maintenant.
Et enfin, je veux parler de la communauté, de son importance. Oscar Romero était animé d’un sens profond du devoir envers sa communauté. Il dénonçait les injustices dont il était témoin et il était prêt à sacrifier sa vie plutôt que d’être obligé de se taire.
Vous toutes et tous qui œuvrez pour Romero House ici, à Toronto, incarnez ces valeurs. Il faut en effet une bonne dose de courage pour mettre sur pied une organisation comme celle-ci, pour en assurer la croissance et pour la maintenir pendant 15 ans.
Tout comme il faut du courage pour décider de quitter son foyer, de quitter ses amis et sa famille, de quitter tout ce qui est familier et de partir vers un pays inconnu pour y recommencer sa vie.
Si vous êtes un organisateur ou un chef de file ici, à Romero House, vous devez absolument avoir de l’espoir—l’espoir que des bienfaiteurs donneront de l’argent, l’espoir qu’un de vos nouveaux résidents réussira son entrevue pour un emploi, l’espoir qu’une audience sera favorable au réfugié ayant fait la demande.
Il va sans dire qu’étant moi-même arrivée comme immigrante dans ce pays, je sais à quel point l’espoir est au cœur de l’expérience que vivent les immigrants. Notre espoir n’est-il pas de pouvoir trouver un travail, de pouvoir apprendre assez rapidement la langue de notre pays d’adoption, de ne pas éprouver trop de nostalgie… de ne pas trouver l’hiver aussi rude que ce qu’on nous a dit!
Finalement, vous toutes et tous êtes l’incarnation même de ce que signifie la « communauté ». Le personnel de Romero House, les membres du conseil d’administration, les gens qui appuient l’organisation, les amis et les résidents forment ensemble une communauté forte, bâtie sur de solides fondements : l’amitié, le respect, le dur labeur, l’initiative personnelle, et l’altruisme au vrai sens du terme.
Dans ce monde où tout va trop vite et où prime l’individualisme, vous êtes une source d’inspiration. Vous nous rappelez fort heureusement qu’il existe encore bien des gens de bonne volonté autour de nous, qui sont capables d’accomplir de grandes choses.
Pensez aux milliers de gens qui ont commencé ici, à Romero House, et qui ont reçu le soutien et l’encouragement dont ils avaient besoin pour aller de l’avant et se faire une nouvelle vie, autonome et bien ancrée, pour eux et pour leurs familles.
Je tiens, en cet anniversaire très spécial, à remercier Mary-Jo Leddy, M. Schmidt et tous ici présents de m’avoir accueilli si chaleureusement.
Je vous félicite toutes et tous pour ce que vous avez bâti ici—un refuge qui offre réconfort et sécurité, un merveilleux point de départ pour tant de néo‑Canadiennes et de néo‑Canadiens.
L’archevêque Romero disait ceci : « aspirez non pas à posséder davantage, mais à être davantage. » Il n’y a aucun doute que vous avez mis ces paroles en action.
Merci beaucoup.
