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St. John’s, le samedi 8 juillet 2006
Le Canada est une nation maritime qui compte peu d’égales.
Notre littoral de plus de 240 000 kilomètres n’est-il pas, justement, le plus long au monde?
Et que dire des plus de 100 000 navires qui sillonnent nos cours d’eau en transportant quelque 360 millions de tonnes de marchandises dont la valeur est estimée à 85 milliards de dollars.
Il y a évidemment les 158 traversiers qui parcourent les eaux côtières du Canada, avec à leur bord 43 millions de passagers et 16 millions de véhicules.
Sans oublier les 2 millions de bateaux de plaisance de toutes sortes et de toutes tailles qui naviguent aussi bien sur nos eaux intérieures que sur nos côtes.
De toute évidence, les membres de la Garde côtière canadienne n’ont pas la tâche facile.
J’ai eu le plaisir d’observer, de la Citadelle de Québec, les manœuvres d’équipages de la garde côtière dans la voie maritime du Saint-Laurent, ce qui m’a permis de constater que vous vous acquittez de vos multiples tâches avec un aplomb, un professionnalisme et une efficacité éprouvés.
Nous nous en rendons compte plus particulièrement ici, à Terre-Neuve-et-Labrador, celle de nos provinces qui possède le plus long littoral. Ici, il vous faut couvrir à peu près 29 000 kilomètres de côtes et répondre à quelque 600 appels par an.
Jour après jour, contre vents et marées, on s’attend de vous et de vos collègues qui travaillez dans cette province à ce que vous veilliez sur la sécurité maritime, à ce que vous facilitiez le commerce maritime, à ce que vous protégiez le milieu marin et l’environnement d’eau douce, à ce que vous appuyiez l’excellence en sciences de la mer, et que sais-je encore.
Ce travail, vous devez l’accomplir dans les pires conditions, car l’océan Atlantique, comme tout le monde le sait, devient un ennemi redoutable quand il se déchaîne. Le danger est réel et l’incident tragique de décembre dernier vient tristement nous le rappeler, cet incident en mer où Carl Neal, un technicien de la Garde-côtière, et Gordon Simmons, un pilote de Transports Canada, ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions. Cette semaine même, un pêcheur de homards a malheureusement péri en mer.
Je veux que vous sachiez que votre dévouement et la compétence remarquable avec laquelle vous accomplissez ce travail si difficile, mais si essentiel, ne passent pas inaperçus et sont des plus louables.
La Garde-côtière fait partie intégrante de la vie de cette province. Je suis convaincue que, grâce à votre protection, bon nombre de gens se sentent plus rassurés.
Vous et vos collègues êtes indissociables du tissu socio-économique de cette province, puisque vous aidez à protéger et à améliorer le mode de vie des gens qui vivent le long des côtes, un mode de vie qui survit de peine et de misère depuis des siècles.
Cela me rappelle un verset d’un chant bien connu dans cette province et que vous reconnaîtrez sûrement :
« Les orages battent nos rives,
Les vagues fouettent nos grèves;
Le tourbillon de nos tempêtes
Renforce notre amour.
Nous chantons Terre-Neuve,
Patrie bien-aimée »
Lorsque sir Cavendish Boyle a écrit ces lignes de son Ode to Newfoundland devenu l’hymne de Terre-Neuve, il aurait aussi bien pu avoir en tête l’image d’un vaisseau de la Garde-côtière bravant une mer en furie.
Compte tenu de l’importance vitale de la Garde-côtière pour Terre-Neuve-et-Labrador, je tiens à vous dire à quel point je suis honorée de recevoir aujourd’hui le titre de commissaire en chef honoraire.
Moi qui suis née dans une île et qui ai passé mon enfance près de la mer des Antilles qui a englouti tant de gens en radeaux qui tentaient de fuir la tyrannie ou la misère, ou de passagers à bord de traversiers surchargés, j’ai toujours eu le plus grand respect pour celles et ceux grâce à qui la vie le long des côtes est sécuritaire et possible. Je suis donc très reconnaissante de l’honneur qui m’est accordé de porter ce titre.
En tant que commissaire en chef honoraire, je suis impatiente de m’acquitter pour la première fois de ma fonction, en montant à bord d’un navire de la Garde-côtière, qui m’amènera, un peu plus tard aujourd’hui, jusqu’à la baie de la Conception, en route pour Trinity.
En terminant, permettez-moi de souhaiter à tous les membres de la Garde-côtière des conditions favorables en mer et le plus grand succès dans votre travail. Vos concitoyennes et vos concitoyens d’un bout à l’autre du Canada sont très fiers de vous. Je vous remercie du fond du cœur, au nom de chaque femme et de chaque homme de ce pays.
