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Rideau Hall, le lundi 24 avril 2006
C’est un immense plaisir pour mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même de vous accueillir ici, à Rideau Hall. Il y a dix ans, l’un de mes prédécesseurs, le très honorable Roméo LeBlanc, a créé le Prix du Gouverneur général pour l’entraide. J’aimerais d’ailleurs souligner la présence parmi nous ce matin de son son fils, Dominic. Nous sommes heureux de votre présence, Dominic. Depuis 1996, des milliers de Canadiennes et de Canadiens des quatre coins du pays ont été reconnus par leurs concitoyennes et leurs concitoyens pour leur altruisme, leur compassion, leur générosité et leur dévouement.
Rien n’était plus important aux yeux de M. LeBlanc que ces héros du quotidien qui accomplissent, souvent dans l’ombre, un travail extraordinaire. Et il avait raison. Allumer une étincelle de joie dans les yeux d’un enfant malade; donner des ailes à un handicapé; recueillir des fonds pour un organisme communautaire; rendre visite à une personne âgée; écouter, accompagner, soutenir des femmes et des hommes en difficulté ou en état de détresse.
Voilà autant de gestes qui ont le pouvoir de changer le cours d’une vie.
Je crois profondément à ces chaînes de solidarité qui transcendent toutes les différences. Une main tendue vers nous est une main que l’on tendra vers l’autre. C’est ainsi que l’humanité, dans son sens le plus lumineux, se propage de coeur en cœur, de parole en parole, de geste en geste. C’est ainsi que l’espoir parvient à se frayer un chemin pour mieux vaincre le sentiment d’impuissance et l’indifférence.
Et l’espoir vient de ces femmes, de ces hommes, jeunes et moins jeunes, qui ont l’audace de rêver grand et la détermination d’agir pour le bien collectif. Contre la violence, contre l’indifférence, contre l’exclusion. Pour le respect de l’autre, pour le dialogue, pour l’égalité des chances. La somme de leurs gestes contribue à réinventer le monde là où il s’effondre.
À parcourir le pays, à la rencontre et à l’écoute de tant de gens sincèrement engagés dans leur quartier et leur communauté, il m’est donné de voir à l’œuvre toutes ces forces vives, si essentielles parce qu’elles sont la vraie charpente de notre société.
Nous avons parmi nous dix de ces personnes exceptionnelles. Vous rendre hommage aujourd’hui est pour moi un honneur et un privilège.
À Maurice Bilodeau, d’Ottawa, qui prête une oreille attentive à nos anciens combattants, je dis merci.
À Peter Deacon, de Gloucester, qui a reconduit pendant des années les membres de la chorale Letson Hall, dont la plupart étaient des personnes aveugles, à leurs répétitions et à leurs concerts, je dis merci.
À Mona Dubé, d’Ottawa, qui offre réconfort et soutien aux personnes ayant à traverser des moments difficiles, notamment aux personnes atteintes de cancer, je dis merci.
À Lorraine Finn, de Barry’s Bay, membre du corps des auxiliaires de l’hôpital St. Francis Memorial, qui met son énergie et ses talents de leader au service de plusieurs causes, je dis merci.
À Terrence Fleming, d’Ottawa, qui organise chaque année plusieurs activités visant à amasser des fonds pour la recherche sur la dystrophie musculaire, une maladie qui a emporté l’un de ses meilleurs amis à l’âge de 20 ans, je dis merci.
À Christine Kerr, de Fonthill, qui fait du bénévolat depuis son tout jeune âge, notamment auprès des enfants malades, je dis merci.
À John MacKillop, de Gatineau, officier des Cadets de la marine depuis 1959, qui apporte un appui précieux à la Ligue navale du Canada et à ses jeunes membres, je dis merci.
À Bernard McCann, de Vanier, qui met ses talents de musicien au service de sa communauté à l’occasion d’activités de financement et qui apporte réconfort à celles et ceux qui en ont le plus besoin, je dis merci.
À John Robinson, de Smiths Falls, chauffeur bénévole pour la Société canadienne du cancer depuis 1991 et fondateur de la Masonic Transportation Unit, un organisme modèle pour plusieurs autres organismes de services, je dis merci.
Au Major Lloyd Swick, d’Ottawa, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre de Corée, qui travaille bénévolement dans des hôpitaux de la région et qui offre son appui à d’autres anciens combattants de même qu’aux jeunes étudiants et officiers en formation, je dis merci.
Vous êtes cette lueur d’espoir qui empêche tant de gens de sombrer dans la solitude et le désarroi. Chacun et chacune à votre manière, vous touchez, vous sauvez des vies. Sans rien attendre en retour, vous donnez aux autres une part de vous-mêmes et vous vous enrichissez d’une expérience nouvelle. Vous êtes des modèles de partage et d’ouverture pour vos semblables et pour la génération qui vous suit.
Au nom de la population canadienne, je vous remercie de tout cœur de vous soucier de vos concitoyens, de vos communautés, de votre société, et de contribuer à notre mieux-être collectif.
