Gala des Prix de la Fondation pour le journalisme canadien

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Gala des Prix de la Fondation pour le journalisme canadien

Toronto, le mardi 9 juin 2009

Je vous avoue que c’est avec émotion, à titre de gouverneure générale du Canada mais aussi d’ancienne journaliste, que je remets ce soir le Prix Couronnement de carrière à une grande figure du journalisme au pays.

Parmi les anciens lauréats de ce prix, mentionnons Sally Armstrong, Norman Webster, Knowlton Nash, Pierre Berton, June Callwood, Doris Anderson, Trina McQueen, Doug Creighton, Mark Starowicz, Bernard Derome, Peter C. Newman, Peter Gzowski et Robert Fulford.

Ce soir, nous rendons hommage à un homme qui, pendant quarante ans, a couvert la nouvelle aux quatre coins du monde pour le compte de la CBC. C’est à Prague, en 1948, qu’il a commencé sa carrière. Depuis, il a été rédacteur, journaliste, éditeur, correspondant à l’étranger et correspondant politique.

Il s’est vu décerner plusieurs reconnaissances au fil des ans, notamment quatre Prix Gémeaux, le Prix John Drainie pour contribution émérite à la radiodiffusion canadienne et un Prix Hot Docs pour l’écriture documentaire.

Il est l’auteur d’un livre à succès intitulé Time Zones et le narrateur du film Power of Good, qui a obtenu un International Emmy Award en 2002. Ce film raconte les exploits de l’Anglais Sir Nicholas Winton et des 600 enfants qu’il a sauvés de la brutalité nazie en 1939, grâce à un système de transports qui les a conduits de Prague à l’Angleterre appelé « Kinder-transports ».

En 1994, il a été nommé membre de l’Ordre du Canada.

Sur une note plus personnelle, j’ajouterais pour ma part qu’il a su mettre son talent et sa passion au service des faits qui mènent à la vérité. Ce faisant, il a permis aux Canadiennes et aux Canadiens de participer à l’évolution du monde avec lucidité et sensibilité.

La journaliste que j’ai été et la gouverneure générale que je suis savent le rôle vital que joue le journalisme dans l’affirmation de la responsabilité citoyenne d’une communauté, d’un pays, du monde.

Je le sais parce que j’ai grandi dans un pays où l’on assassinait les journalistes qui osaient défier la censure et le despotisme.

Je le sais parce que j’ai pratiqué ce métier en gardant en tête et dans le cœur l’exemple de ces journalistes qui traquaient la vérité, souvent au péril de leur vie.

Dans le cadre des visites d’État et officielles que j’effectue en Afrique, en Afghanistan, en Amérique du Sud, en Europe, à titre de gouverneur général du Canada, de même que dans mes déplacement à la grandeur de notre pays, les plumes, les micros et les caméras que braquent les journalistes sur le monde sont autant d’instruments de transformation sociale.

À un monde qui semble toujours en crise, bafoué dans sa dignité, défiguré en ses beautés, divisé en ses fragilités, réchauffé en ses pôles, et assailli par les soubresauts de la haute finance, il importe d’opposer le pouvoir de la réflexion, de l’approfondissement, de l’élucidation.

C’est, à mon sens, la fonction la plus cruciale, et je dirais la plus noble, du métier que vous pratiquez.

Et c’est précisément ce que je rappellerai aux invités réunis à Rideau Hall demain soir en vue de la cérémonie de remise du Prix Michener pour le journalisme. En cette occasion, nous rendrons hommage à un certain nombre de journalistes des divers médias, dont le travail a contribué d’une manière significative à sensibiliser le public à des questions d’intérêt national et international d’une grande importance.

Je suis convaincue qu’un jour, l’un ou l’une de ces journalistes ou même quelques-uns recevront eux aussi le Prix Couronnement de carrière, à l’instar de la personne que nous honorons ce soir qui, bien qu’officiellement à la retraite, continue de pratiquer le métier avec un haut degré d’excellence à titre de pigiste.

Si vous le voulez bien, regardons ensemble quelques-unes des réalisations du lauréat de cette année…

(VIDÉO)

Mesdames et messieurs, M. Joe Schlesinger.