Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion de la remise des Prix pour services insignes de la fonction publique

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Rideau Hall, le mercredi 5 mars 2008

Je veux dire aujourd’hui mon estime pour le travail que vous accomplissez chaque jour au service de l’intérêt collectif.

Je veux vous dire notre reconnaissance pour votre dévouement, pour votre sens du devoir, pour votre professionnalisme.

Il importe, à mes yeux, de souligner votre mérite, le mérite de ces femmes et de ces hommes qui, comme vous, sans relâche et avec conviction, administrent, gèrent, protègent et font fructifier le bien public, au bénéfice des générations actuelles et à venir.

J’ai toujours cru en la notion de bien public et en celle du vivre ensemble.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai pratiqué pendant des années avec passion la profession de journaliste, au sein de la télévision publique.

Je voulais interroger la société, le monde, pour mieux en témoigner, pour mieux raconter, pour mieux élucider.

Je voulais participer, avec lucidité et sensibilité, et de façon responsable, à une meilleure compréhension des événements.

Je voulais, par mon travail et ma réflexion, favoriser l’expression d’une diversité de points de vue et, ce faisant, je pensais d’abord et avant tout à l’intérêt public.

Car j’estime que plus l’information et les idées circulent, plus les citoyennes et les citoyens y ont accès, plus ils ont l’occasion de participer à la vie démocratique des sociétés.

Si je vous dis cela c’est que cette conviction continue de guider la gouverneure générale que je suis.

Je vois cette institution que je représente comme un espace de réflexion, de dialogue et de partage pour l’ensemble de la population.

La « fonction publique », dans son sens littéral, qui est pour moi le plus noble, témoigne du même engagement.

Je vois dans le travail que vous effectuez quotidiennement beaucoup plus que le seul intérêt personnel.

J’y vois une exigence primordiale dans le monde d’aujourd’hui où nos sorts sont inextricablement liés.

Car il ne suffit plus, aujourd’hui, de se centrer sur les réalités nationales pour concevoir les politiques publiques et répondre aux besoins des citoyennes et des citoyens.

Les grands débats de l’heure dépassent de beaucoup les frontières du pays. Des questions et des domaines comme la protection de l’environnement, la sécurité, la santé, la culture, le partage du savoir et la prospérité économique concernent l’humanité entière.

Impossible de faire cavalier seul dans un monde où l’interdépendance est le mot d’ordre.

La fonction publique sert justement de lien entre le citoyen et ce monde en évolution constante, qui connaît une ouverture sans précédent.

À la fois architecte et artisan, elle contribue à orienter et à mettre en œuvre la vision du pays que nous voulons bâtir, en fonction des choix que fait notre société et du rôle qu’elle veut jouer sur l’échiquier mondial.

Or, nous avons la chance au Canada d’avoir une fonction publique remarquable, tant par la qualité des femmes et des hommes qui s’y engagent que par le travail qu’ils accomplissent avec cœur, intégrité et impartialité.

De compter, aussi, sur des cadres supérieurs d’expérience animés par la passion de servir et de contribuer au mieux-être de la société.

Vous en êtes la preuve aujourd’hui.

J’ai été impressionnée par le parcours des cinq personnes que nous honorons aujourd’hui.

Je remarque que vous représentez tous les aspects de la préservation et de la célébration de notre territoire.

L’enrichissement du sol.

La protection de l’environnement.

Le maintien d’un équilibre, souvent fragile, entre la santé des animaux et de la terre, dont nous tirons notre subsistance, et leur exploitation.

Les soubresauts de la nature et la manière dont nous y faisons face.

La préservation des lieux et des monuments qui s’inscrivent sur notre territoire et qui témoignent de notre passage dans le monde.

Autant de facettes de votre travail qui se répercutent sur la vie de millions d’individus et sur celle de nos concitoyens, et qui influent sur notre identité et sur notre rayonnement dans le monde.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage à celles et ceux pour qui le service public n’est pas seulement une profession, une carrière, mais bel et bien une vocation.

Il ne faut pas que cette vocation s’éteigne.

Il ne faut pas que cette passion de servir qui est en vous s’étiole.

Qu’elles soient plutôt des sources d’inspiration pour celles et ceux qui marchent dans vos pas et qui incarnent une promesse de renouveau.

Merci de mettre tout ce que vous avez de talent et d’énergie, de créativité et d’audace, au service de cet idéal qui nous tient tant à cœur et qui a pour nom celui de notre pays.

Mille fois mercis!