Le léopard vice-royal
  1. Le gouverneur général du Canada
  2. Son Excellence le très honorable David Johnston
Nouvelle & événements
  • Aperçu avant impression
  • Imprimer: 
  •  Envoyez à Facebook (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  •  Envoyez à Twitter (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Envoyez à email (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Partager: 

Nouvelles

ARCHIVÉE: Discours devant les membres de l’Association professionnelle des cadres supérieurs de la fonction publique du Canada

Information archivée dans le Web

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette information dans tout autre format de rechange par contactez webmestre@gg.ca.

Ottawa, le mardi 7 juin 2011

 

J’aimerais avant tout remercier chacune et chacun de vous pour votre service au public.

J’ai le plus grand respect pour le travail que vous faites pour le compte des Canadiens. Si vous le permettez, je vais citer les éloquentes paroles de mon prédécesseur, l’honorable Georges Vanier, qui a dit :

« Je ne saurais nommer une occupation plus noble que celle de servir, et une vocation plus exceptionnelle que celle de servir le public. »

À titre de gouverneur général, j’ai eu le plaisir de rencontrer de nombreux  professionnels de divers secteurs de la fonction publique et de travailler avec eux. Et maintenant, par un curieux processus d’adoption, je suis maintenant l’un de vous, du moins partiellement.

Tout comme vous, je suis un serviteur public canadien non élu et non partisan. Contrairement à vous, je n’avais jamais eu un « véritable » emploi avant le 1er octobre de l’année dernière. En effet, je suis entré à l’université à 18 ans, et j’ai trouvé ça tellement merveilleux et stimulant, que j’y suis resté jusqu’à l’âge de 69 ans.

Pourtant, tout ce que j’ai appris d’important dans la vie, je l’ai appris de mes enfants. Mes cinq enfants, toutes des filles, œuvrent pour le service public. Alors, lorsque l’on m’a offert le poste que j’occupe actuellement, j’ai été extrêmement honoré de l’accepter. C’est ainsi que j’ai coupé le cordon ombilical qui me rattachait au milieu universitaire et que j’ai suivi mes enfants dans le vrai monde.

Si vous ne retenez qu’une chose de mon discours de ce matin, n’oubliez surtout pas ceci : j’estime que le Canada s’est grandement enrichi au cours des décennies, grâce au talent et au dévouement de sa fonction publique. Chaque jour, les fonctionnaires contribuent d’une manière fondamentale à la bonne gouvernance, à la démocratie et à la société canadienne. Vos valeurs, qui sont axées sur les gens, le professionnalisme, l’intérêt public et la confiance, sont un modèle pour nous tous.

En fait, notre fonction publique est l’un des atouts de notre pays parmi les plus admirés dans le reste du monde. Ne l’oublions pas, lorsque nous considérons l’impact de la mondialisation sur le travail que vous faites.

Depuis mon installation comme gouverneur général, j’invite les Canadiens à envisager de nouvelles façons d’édifier une nation encore plus avertie et bienveillante, alors que nous nous préparons à célébrer le 150e anniversaire de la Confédération, en 2017. J’ai donc été ravi, mais nullement étonné, d’apprendre que la fonction publique du Canada tient déjà compte de cet événement historique dans ses activités.

L’une des récentes initiatives à cet égard est l’exercice canada@150, pour lequel 150 fonctionnaires en début de carrière et cadres supérieurs ont été rassemblés pour explorer l’avenir de notre pays, dans la perspective de la célébration de 2017. Les participants ont formulé un certain nombre d’idées. Ils comprennent que le futur du Canada ne peut être envisagé d’une manière isolée. Ils en ont conclu que le futur rôle du gouvernement sera défini par la mondialisation et par des problèmes d’une complexité grandissante.

Selon le rapport de l’initiative canada@150, « Même lorsque la terre était plate, les personnes travaillaient à des problèmes complexes; dans un monde où la terre est ronde, la complexité prend de nouvelles dimensions. »

J’aimerais m’attarder quelques instants sur les deux principales raisons pour lesquelles les problèmes deviennent de plus en plus complexes. D’une part, c’est parce que notre façon de comprendre les enjeux mondiaux devient plus nuancée. D’autre part, c’est parce que le nombre de gens affectés par divers problèmes donne lieu à des rapports complexes entre eux.

C’est pourquoi votre travail en tant que fonctionnaires est plus essentiel que jamais à notre bien-être. Étant donné que la mondialisation s’accompagne d’une complexité grandissante, il est crucial pour notre futur que vous compreniez à fond les problèmes auxquels le Canada et le monde sont confrontés.

Dans votre rôle de gardiens de l’intérêt public, vous serez appelés à faire preuve de leadership et de créativité pour favoriser la collaboration entre tous les secteurs de notre société. Comme vous le savez sans doute, l’une des priorités que je me suis données en tant que gouverneur général est d’accroître l’apprentissage et l’innovation dans ce pays. Je suis profondément convaincu que l’un des meilleurs moyens d’améliorer notre savoir est de le partager.

Les citoyens d’une nation avertie et bienveillante travaillent main dans la main. En tant que cadres supérieurs, vous donnez l’exemple aux fonctionnaires que vous dirigez et à tous les Canadiens. La tâche à accomplir peut sembler énorme, mais les possibilités en matière d’innovation et d’expérimentation sont nombreuses et ne cessent de croître. 

Aller de l’avant n’est jamais sans risque. Je suis donc encouragé de voir que l’on reconnaît de plus en plus la nécessité de prendre des risques intelligents au sein de la fonction publique. Dans le discours qu’il a prononcé devant des fonctionnaires lors de la Conférence Manion 2010, Thomas Homer-Dixon a comparé les bons leaders à des « jardiniers » qui établissent les conditions favorables à la créativité et à la croissance. Tout jardinier pourrait vous dire que certains essais donnent des résultats, et d’autres, non. Il est normal de prévoir la possibilité de l’échec, condition essentielle à l’innovation. C’est d’ailleurs une caractéristique typique d’une nation avertie.

Il y a plusieurs années, quand j’étais président de l’Université de Waterloo, l’ancien greffier du Conseil privé, Kevin Lynch, s’inquiétait du fait que la fonction publique réussissait de moins en moins à attirer les étudiants les plus qualifiés. Il nous a demandé si nous pouvions organiser un salon de l’emploi dans la région de Waterloo, ce que nous avons fait.

Pendant deux jours, 80 sous-ministres et sous-ministres adjoints sont venus parler d’emplois dans la fonction publique et rencontrer des candidats potentiels. Ils avaient le pouvoir de faire des offres d’emploi séance tenante.

Ce fut un vif succès. Plus de mille étudiants de l’Université de Waterloo et d’institutions environnantes se sont présentés, dont plusieurs n’avaient auparavant aucun intérêt pour la fonction publique. Ils m’ont fait part de trois découvertes étonnantes qu’ils y avaient faites :

  1. l’idéal de servir le public;

  2. la vaste gamme de possibilités de carrière; et

  3. la rapidité avec laquelle on se voit confier des responsabilités, et l’étendue de ces responsabilités.

Ainsi comme vous le savez, une combinaison gagnante comme celle-là est un outil de recrutement persuasif. Le défi consiste maintenant à donner à ces fonctionnaires la latitude voulue pour qu’ils tirent pleinement parti de leurs talents et qu’ils assument avec enthousiasme leur part de leadership.

L’élément clé est la confiance que l’on inspire, qui est le fondement du contrat social qui nous permettra de devenir une nation d’innovateurs. Comment pouvons-nous accroître la confiance au sein de la fonction publique et dans la société canadienne dans son ensemble? Quels sont les mécanismes qui peuvent nous aider à rassembler les gens des secteurs public, privé et non gouvernemental pour trouver une cause commune et innover?

En vue de 2017, j’aimerais vous inviter à habiliter ceux qui vous entourent pour qu’ils puissent mettre leurs talents à profit et devenir des leaders. En tant que gouverneur général, je fais souvent remarquer que je dépends entièrement des gens qui m’entourent, et je sais qu’il en est de même pour vous tous. Afin de pouvoir susciter de nouvelles idées et d’avoir la légitimité voulue pour être les leaders du 21siècle, nous devons trouver des manières innovatrices d’inviter tous les Canadiens à participer. 

J’aimerais en profiter pour remercier APEX de nous avoir réunis pour cette importante discussion et pour tout ce que vous faites pour les cadres de la fonction publique, de même que pour l’excellence au sein de la fonction publique. Nous devons aspirer à l’excellence, car dans un monde sans frontières, la force de nos idées et le rythme auquel nous innovons détermineront notre qualité de vie.

Encore une fois, je remercie chacune et chacun des cadres de la fonction publique que vous êtes. Grâce à votre travail, les principes et les objectifs deviennent réalité, et c’est la raison pour laquelle vos efforts sont essentiels à l’édification d’un Canada plus averti et plus bienveillant, et d’un monde plus juste et plus équitable.

Pour m’inspirer de l’illustre auteur britannique, George Bernard Shaw, « Certains regardent les choses comme elles sont et demandent pourquoi. Nous rêvons aux choses comme elles devraient être, et demandons pourquoi pas? »

Merci.