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Nouvelles

ARCHIVÉE: Discours devant les membres de l’Assemblée législative de l’Ontario

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Toronto, le jeudi 2 décembre 2010

 

Je tiens à vous remercier de nous avoir invités, Sharon et moi, à vous rencontrer ce matin. Depuis mon installation, j’invite les Canadiens à se joindre à moi pour imaginer ce que pourrait être notre pays.

Nous cherchons à devenir une nation éclairée et bienveillante, où tous les Canadiens peuvent développer leurs talents au meilleur de leur capacité. Un Canada qui met en application les connaissances de ses citoyens afin de pouvoir améliorer le sort de tous, tant au pays qu’à l’étranger.

Je vous pose d’emblée cette question : est-il possible d’atteindre à la fois à l’égalité des chances et à l’excellence? Notre tâche est de concilier ces deux objectifs pour qu’ils deviennent complémentaires et non contradictoires.

Pour réaliser cette vision, j’ai évoqué trois piliers : soutenir les familles et les enfants; accroître l’apprentissage et l’innovation; et encourager la philanthropie et le bénévolat.

Les familles et les enfants sont un thème qui s’inscrit au cœur de la culture ontarienne. Nous sommes tous de récents immigrants, à l’exception des Autochtones qui habitent ce territoire depuis plus de 10 000 ans. Nous sommes arrivés pour la première fois il y quelque 400 ans, et la majorité d’entre nous, au cours du dernier siècle. La plupart sont venus sans autre bagage que leur volonté de donner à leurs enfants une vie meilleure. Nous voulons que le monde que nous laissons à nos enfants soit dans un meilleur étant que celui dans lequel nous l’avons trouvé.

J’aimerais vous donner un exemple de ce que nous pourrions faire mieux. En 2008, j’ai présidé un comité d’experts en matière d’infertilité et d’adoption mis sur pied par le gouvernement de l’Ontario et dont les conclusions ont été publiées dans un rapport intitulé Faire croître l’espoir.

Dans ce rapport, le comité définissait un objectif qui permettrait à l’Ontario de devenir le meilleur endroit au monde pour fonder une famille. Or, il existe un grand écart entre la réalité et cet objectif.

Aujourd’hui, il y a presque 10 000 pupilles de la Couronne en Ontario. Moins de cinq pour cent seulement de ces enfants ont été confiés à des familles de façon permanente. Seulement un maigre pourcentage fait l’objet d’un plan pour leur trouver une famille permanente et aimante. Les coûts socio-économiques qui découlent d’une telle situation sont énormes non seulement pour les pupilles de la Couronne, mais pour nous tous.

Nos lois et nos processus en matière d’adoption et d’infertilité ne correspondent en rien aux réalités d’aujourd’hui. Il y a beaucoup à faire en Ontario si nous voulons sérieusement devenir un endroit qui aide les gens à fonder une famille.

Par contre, l’Ontario est exemplaire lorsqu’il s’agit de donner aux enfants des bases solides. Cette province peut s’enorgueillir des meilleurs travaux de recherche au monde sur le développement de la petite enfance comme en témoignent les travaux de Fraser Mustard, Margaret McCain et Charles Pascal, parmi tant d’autres. Le fruit de ces recherches a permis de mettre sur pied un ambitieux programme de pré‑maternelle. Le monde entier a le regard fixé sur le système d’éducation publique de l’Ontario.

J’ai appris qu’au début de cette semaine, le cabinet-conseil McKinsey a publié un rapport sur les meilleurs systèmes scolaires au monde et que l’Ontario se hisse au 4e rang.

Outre son excellent système d’éducation publique, il y a en Ontario de nombreux autres éléments gagnants qui appuient le thème de l’apprentissage et de l’innovation. Mentionnons, à titre d’exemples :

1. un système d’enseignement postsecondaire très complet de collèges et d’universités subventionnés par le gouvernement;

2. des taux de fréquentation d’établissements d’enseignement postsecondaire parmi les plus élevés des pays de l’OCDE;

3. des fonds raisonnables par rapport au PNB consacrés à la recherche et au développement, un taux parmi les plus élevés des pays de l’OCDE;

4. un régime fiscal qui encourage la recherche et le développement effectués en Ontario;

5. un gouvernement axé sur la recherche et l’innovation.

Mais il y a encore des lacunes :

1. Nous avons trop peu de sommets d’excellence du calibre des lauréats de Prix Nobel. Et lorsque d’anciens Ontariens se voient décerner un prix international, ils ont déjà immigré aux États-Unis, travaillant dans des institutions, où ils ont bénéficié d’un meilleur appui pour leurs travaux.

2. Dans plusieurs tableaux d’évaluation des  universités, aucune université ontarienne ne figure dans les 50 premières.

3. Les investissements de nos entreprises en recherche et développement ne sont pas élevés dans l’échelle des pays de l’OCDE.

4. Les gestionnaires canadiens possèdent un niveau d’instruction inférieur à leurs homologues américains, et nos entreprises n’exigent pas de leur personnel des diplômes de deuxième et troisième cycle autant que ne le font les entreprises américaines.

5. Nos taux de productivité sont passés de 90 à 75 pour cent des taux américains au cours des deux dernières décennies et la tendance est encore à la baisse.

6. Dans les tests internationaux administrés à des élèves du primaire et du secondaire, les Canadiens réussissent très bien. Cependant, en comparaison avec les États-Unis, le Canada compte, par habitant, 90 pour cent moins de diplômés de premier cycle, 70 pour cent moins du deuxième cycle et 50 pour cent moins du troisième cycle.

7. Trop peu de nos étudiants du niveau collégial et universitaire vont à l’étranger pour étudier les langues et devenir des citoyens du monde, et trop peu de jeunes viennent d’autres pays pour étudier ici, préférant aller à Boston, par exemple.

À ce propos, je vais vous parler de Boston.

Je reviens d’une fin de semaine à Boston, une ville à peine plus populeuse que Toronto. On y trouve deux fois et demie plus d’universités accréditées que dans toute la province de l’Ontario. Grand Boston compte presqu’un tiers de la population de l’Ontario.

Si vous croyez que la quantité n’est pas synonyme de qualité, je vous invite à dresser votre propre liste des 50 meilleures universités au monde.

La plupart des gens diront probablement que parmi les cinq premières, les deux meilleures sont l’Université Harvard et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), deux établissements voisins à Boston.

Bien d’autres ajouteraient au moins trois autres universités de Boston à leur liste des 50 meilleures, notamment Wellesley, qui est probablement la meilleure université du monde réservée aux femmes; Brandeis, qui a été créée pour les étudiants d’origine juive confrontés à des restrictions lors de leur demande d’admission dans des institutions établies; et l’Université de Boston, qui a permis de combler le besoin d’enseignement supérieur professionnel. Un bon exemple de diversification.

Au cas où vous estimez que le centre-ville de Toronto compte trop d’universités, et que l’Université de Toronto et l’Université Ryerson devraient être amalgamées, ou que l’Université Wilfrid Laurier et l’Université de Waterloo devraient former une seule institution, il convient de rappeler que MIT et Harvard sont géographiquement plus proches l’une de l’autre que l’Université de Toronto et Ryerson, et qu’avec le temps, l’indépendance dont jouit Harvard a permis à MIT d’acquérir sa solidité et son caractère distinctif et vice-versa.

J’aimerais maintenant parler brièvement du troisième pilier, c’est-à-dire la philanthropie et le bénévolat. Ces deux activités devraient faire partie de notre culture générale et non pas être uniquement des activités optionnelles ou parascolaires.

Comment pouvons-nous transformer des activités accessoires et en faire des activités pratiquées par tous?

Churchill a dit un jour : « On vit de ce que l’on obtient. On construit sa vie sur ce que l’on donne. »

À travers le Canada, bénévoles et philanthropes œuvrent dans le même but, celui de transformer leurs communautés par la bonté de cœur et la générosité.

En 2017, le Canada célébrera son 150e anniversaire, et je vous encourage à participer activement à la vie de vos communautés.

Puisse la paix régner dans le monde. Un monde où nos enfants pourront tous profiter d’une vie meilleure. C’est en faisant preuve d’intelligence et de bienveillance que nous y parviendrons. C’est le défi que je lance aux habitants de l’Ontario, cette partie du monde qui est particulièrement privilégiée.

George Bernard Shaw a en fait réfléchi à cette même vision quand il a dit : « Certaines personnes voient les choses et se demandent “pourquoi?” Nous rêvons de choses qui n’existent pas encore et nous demandons “pourquoi pas?” » Je vous invite à rêver tous ensemble.